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Archives de novembre, 2008

Le choc des cultures

Bon, je vous ai menti un peu : finalement le post précédent ne sera peut-être pas le seul de novembre! Ce matin, en me demandant ce que j’allais faire aujourd’hui devant ma tasse de thé, j’ai eu une illumination : il me semble que ni Benjamin ni moi n’avions parlé du choc des cultures pendant notre voyage cet été!
Et pourtant… vaste sujet!

L’arrivée :

En ce qui nous concerne, le choc a été très, très violent, pour des raisons qui semblent maintenant évidentes : j’étais très malade, et la première chose que nous avons fait en arrivant à l’aéroport est d’aller à l’hopital, heureusement avec Martin, qui a pu nous expliquer un peu comment cela marchait ici. Ce n’est qu’une anecdote, peut-être sans importance, mais elle m’aide à expliquer ce que l’on peut parfois ressentir très brutalement en arrivant dans un pays étranger, où l’on souhaite s’installer quelques temps.
Arrivés aux urgences, j’ai eu une visite rapide avec un infirmier (probablement étudiant en médecine) qui m’a fait évaluer ma douleur. Elle n’était apparemment pas assez intense, et mon état était stable depuis bien trop longtemps pour que je sois prioritaire. Deuxième étape : le secrétariat, pour remplir les papiers avant de rencontrer un médecin. Nous étions samedi. J’ai une assurance voyage que je paye. Mais… la gentille secrétaire m’a demandé d’avance 1200 dollars pour les soins qui m’allaient être prodigués. Pourquoi? Parce que le service comptabilité de l’hopital était fermé le samedi, qu’ils ne pouvaient pas appeller mon assurance pour qu’elle avance les frais, et que je ne pouvais pas l’appeller moi-même parce qu’il fallait que cela passe obligatoirement par leur service. Résultat : retour à la case départ et repos, avec les médicaments français que j’avais heureusement apporté!


Tout cela pour dire, qu’on se prend parfois les choses de plein fouet. Mais heureusement, la secrétaire a été rassurante envers Martin qui lui a demandé s’ils me laisseraient mourir si j’avais pas 1200 dollars : « aaaah peut-être si elle mourrait, faut voir… »
!

La suite :

Après avoir recouvré nos esprits… Oui, il n’y a pas le moindre doute : voici l’Amérique! J’ai lu de nombreuses fois des conseils pour les futurs immigrants européens au Québec : « ne vous laissez pas avoir, le québéc, même si c’est en français, ce n’est pas en europe »! C’est un conseil avisé certes, mais aussi pénible.. C’est bon on a compris, pas besoin de nous le rabâcher! De toute façon, ça ne vous prémunira en rien contre le choc des cultures, c’est quelque chose que l’on ne peut pas prévoir, que l’on ne peut pas quantifier, que l’on ne peut pas réaliser avant d’y avoir fait face.
Et pourtant! Nous étions tous les deux bien avertis, nous connaissons tous les deux bien la culture nord-américaine, nous avons de la famille nord-américaine, nous sommes tous deux passionnés par cette culture! Mais ce choc culturel dépasse toute rationnalité : non, c’est quelque chose que l’on ressent! On ne se sent pas chez soi, pas « chez nous en France » mais « chez nous en Europe ».
On m’a dit que certaines personnes ne le ressentiront jamais, d’autres l’ont tout de suite, d’autres au bout de quelques mois, quelques années… Et même en tant que simple touriste, cela peut vous toucher!
Je suis sûre qu’il va y avoir des remarques genre « beuaaah c’est de la rigolade, c’est pas la thailande non plus, ça reste la culture occidentale! ». Et bien NON! Grossière erreur!

Mais pourquoi?! :

Comme je l’ai dit, il n’y a pas d’explication rationnelle. Mais ce qui nous a le plus marqué en arrivant, les petits trucs qui ont fait « qu’on était pas chez nous, dans une zone inconnue » sont principalement les suburbs. Même si vous regardez Desperate Housewives, vous n’en reviendrez pas. Des milliers de maisons identiques (heureusement que ma préférée a des colonnes roses repérables!), toutes avec des piscines, des gazons parfaits, beaucoup d’eau, beaucoup beaucoup de gaspillage d’eau. Beaucoup d’asphalte aussi, beaucoup de voitures. Les rues sont très larges, les voitures sont très grosses (voir une Twingo? vous plaisantez j’espère!). Il n’y a pas de centre-ville, les magasins et restaurants sont dans des zones commerciales. Il faut… donc prendre la voiture!
Cela vous semble cliché? A moi aussi en me lisant. Et pourtant! Même si vous savez tout ça, ce n’est pas pareil de le ressentir.
Les canadiens semblent plus grands aussi, beaucoup plus grands (encore des clichés?! mais pourtant!)
Il y a la question de la langue aussi. Du français. Mais cela fera l’objet d’un autre billet, et je fermerais notre blog aux québécois, sous peine de recevoir des menaces de mort!

Tout ce que je peux dire c’est : vous verrez. Parfois ce choc peut être tellement violent qu’on ne peut plus y rester. Beaucoup d’immigrants sont repartis, pas parce qu’ils n’avaient pas trouvé de job, pas parce qu’ils n’avaient pas de vie sociale, pas parce qu’ils avaient un problème, pas parce que leurs proches leur manquait, mais parce qu’ils avaient ce petit quelque chose d’inexplicable qui rend pourtant la vie si difficile.

L’impression d’être chez soi mais de ne pas être chez soi.

Le 11 novembre au bord de la Loire

Il faut quand-même au moins poster un petit billet sur ce blog pour le mois de novembre! (ce sera d’ailleurs peut-être le seul, les prochains week-ends (où « fin de semaine » pour les québécois) ne s’annoncent pas passionnants).

P1010619Après avoir passé un petit peu de temps à Paris, nous voilà en train de traverser la Beauce, paysage morne, désert, quelques immenses fermes en tôle ponctuent le chemin, rien de plus. Nous laissons le grand soleil lyonnais pour arriver sous le crachin orléanais, mais heureux comme tout quand-même de retrouver des ami(e)s chèr(e)s. La Loire est réellement impressionnante pour quelqu’un qui a l’habitude de la voir toute petite presque à sa source, d’autant plus qu’elle est en crue depuis quelques jours : les ilôts et arbres sont presque totalement submergés et les pauvres ragondins pédalent (ou rament?) pour rejoindre la terre ferme.
La visite d’Orléans s’avère étrange pour moi : c’est une ville qui a beaucoup de possibilités : en effet, il y a de nombreux monuments, une certaine ambiance, un certain cachet mais rien n’est réellement exploité. L’éclairage public est très pauvre au point de marcher presque dans le noir dans certaines rues, les façades sont grises et les immeubles délabrés, le piéton a peu de place et d’importance, et surtout, la ville manque cruellement d’animation. Pour la plupart de ces défauts, ça ne devrait pas être difficile à corriger avec un peu de volonté (comment oublier la vue de cette belle cathédrale vêtue de blanc avec la Loire en perspective?). Il n’y a que les (nombreux) monuments religieux qui bénéficient d’un effort d’éclairage.P1010632

Après une courte nuit (le pourquoi, il faut le demander aux voisins de Lucile, qui nous a hébergé), direction la route des châteaux de la Loire. Plus précisément Chenonceaux que nous comptons visiter, mais nous avons tout de même pu apercevoir l’imposant Chambord, ainsi que Cheverny, (château privé) qui a servi de modèle à Moulinsart (c’est assez impressionnant!). J’avais un souvenir très net de la visite de Chenonceaux, un des plus chouettes souvenirs de mon enfance! Je me rappellais avoir eu le ventre noué à l’entrée de la chambre noire, les jardins des deux rivales Catherine de Médicis et Diane de Poitiers, leur odeur, leur lumière… J’y étais allée en été, donc il est vrai que l’ambiance qui nous attendait cette fois-ci était un petit peu différent : ciel gris, vent froid, et pluie battante… Cela a ajouté une autre façon de voir le château à ma galerie de souvenirs!

img3095ro1Le château des dames porte bien son nom… J’ai été emerveillée de nouveau par la qualité des tapisseries et des meubles, et enchantée par les feux de cheminées dans les grands âtres… La chambre noire m’a encore une fois fait ressentir cette sensation d’oppression, une sorte de petite boule dans le ventre… Elle fut en effet conçue à cette attention : pour le deuil de la femme d’Henri III, très pieuse. La décoration religieuse (prie-Dieu en face de la seule source de Lumière de la Chambre, ainsi que le Christ orné d’épines) renforce cette sensation… pas très agréable. Je n’ai d’ailleurs pas réussi à prendre de photos potables, compte tenu de la noirceur de la chambre (ça se dit, ça?). Je me permets donc de mettre une petite photo tirée de google, avec un rayon de soleil!

Les jardins, bien que nous n’ayons pas pu en profiter, sont eux aussi magnifiques (et je persiste à dire qu’ils ont une senteur particulière en été!). En revanche, je ne me rappellais plus que la forêt alentour était si grande, et si belle, avec ses couleurs automnales…

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