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Archives de juin, 2010

Handsome Furs à l’Apple Store

J’ai réussi à ne pas entrer dans un Apple Store pendant les 23 années de ma courte vie. (et eux non plus apparemment) Malheureusement, je n’ai pas pu résister à la tentation hier, tout simplement pour enfin avoir la chance d’y voir Handsome Furs pour un concert gratuit hier soir. J’ai tellement usé leur album de l’année dernière, Face Control, que ça faisait des mois et des mois que nous mourrions d’envie de voir envie le groupe montréalais. Pendant que nous faisions la queue pendant quelques minutes devant l’édifice-stalinien-temple-de-la-consommation-d’Apple, Alexeï et son mari Dan sortent fumer à quelques mètres de nous. Ça peut paraître bête mais j’ai toujours beaucoup d’étonnement à voir des types comme ça en chair et en os, ça me persuade qu’ils ne sont pas seulement des petits bonshommes animés sur Youtube. Comme d’habitude, lorsque je souriais béatement à l’idée de monter voir le concert, Dan Boeckner a croisé mon regard (de ses beaux yeux verts) et j’avais un air très con, à ce moment précis.
Les deux sont très connectés et sont vraiment fascinants à voir sur scène, ils sont presque possédés, Alexei à la table de mix et Dan à la guitare. Ils sont également très communicatifs, Dan avouant même qu’il n’avait pas eu le temps de se doucher avant de venir et après avoir bravé les éléments pour arriver à Montréal (entre tempêtes et pannes de train), les deux s’amusant à placer des fuckings un peu partout pour pourrir le futur podcast apple du concert (c’était mignon) et surtout, nous offrir 4 ou 5 nouvelles chansons, qui étaient beaucoup plus « dance » que ce qu’ils ont l’habitude de faire, mais toujours avec cette énergie brute rock. Ils ne m’ont pas non plus fait l’affront de ne pas jour « All we want baby… » et c’était un vrai moment de pur bonheur Les 50 minutes sont passées si vite que je ne rêve que d’une chose : les revoir dans leur élément, un club enfumé qui pue l’homme!

Un déménagement, encore !

Nous voilà bien installés dans notre nouvel appartement, et donc (malheureusement) notre nouveau quartier. Trouver une sous-location à ce moment là de l’année, correspondant à nos dates, n’étant pas la chose la plus aisée, nous avons un peu pris ce que nous trouvions. Direction Le Plateau (à croire que c’est une malédiction, les français peuvent-ils éviter Le Plateau??!), quartier que nous n’aimons pas particulièrement. Cependant, l’appartement est parfait, et la locataire vraiment adorable (et propre, oui! Pas de poils de lapin ni de frigo dégueulasse!). C’est donc sans surprise mais avec un plaisir non dissimulé que nous avons emménagé dans son appartement, sentant bon le produit nettoyant au citron…
Le seul hic : le four. Avez-vous déjà vu un four à gaz dont il faut laisser allumé en permanence le gaz pour que l’allumage automatique marche? Je m’explique : il faut toujours laisser le gaz en état de fonctionnement, donc qui se consume dans le four, pour que le petit « tic tic tic » automatique marche pour les brûleurs, c’est à dire qu’on n’est pas obligés d’y mettre du feu. Ça me parait hallucinant, mais qu’il en soit ainsi, ces deux mois vont passer très vite.
Se rapprocher du centre n’est pas désagréable, et c’est le gros avantage à payer le double (sic) de notre loyer précédent. N’y pensons plus! Et profitons des beaux orages d’été, qui ne cessent déjà d’inonder la ville…

Les contrabanditas VS Les filles du Roi

Encore un autre match ce soir, mais celui-là était vraiment fabuleux. Rien à voir avec le match déséquilibré que nous avions pu voir la dernière fois : les deux équipes montréalaises étaient au coude à coude durant tout le match, et malgré une très légère avance pour les « Ditas », le match était loin d’être plié à la mi-temps. J’avais décidé que Les filles du Roi étaient devenu « mon » équipe donc j’ai encore pu admirer les prouesses de « 3X » hier soir, la meilleure jammeuse de l’équipe à mon avis : une maîtrise incroyable, des feintes, des accélérations, des slaloms… Elle sait tout faire! Même ne pas tomber quand elle reçoit des coups de coudes dans les cotes…
Du côté des Contrabanditas, « Georgia W Tush » était aussi un morceau. J’avais déjà vaguement entendu parler d’elle, mais hier elle avait toute l’arena derrière elle : dans un style différent (plus athlétique) elle n’était pas moins bonne, et a marqué un bon nombre de points pour son équipe. Le public était en furie pendant les 3 ou 4 manches incroyables, où les deux jammeuses se sont succédé à la place de leadeuse, on ne savait pas qui allait marquer les points… Beaucoup de contact, beaucoup de chutes, et même un poignet foulé pour la jammeuse des Ditas (qui intervient heureusement à 2 minutes de la fin du match).
La dernière manche, à 20 secondes de la fin, a décidé de l’équipe vainqueur du match : j’ai cru un moment que les Filles du Roy l’avaient dans la poche, après l’exclusion de la jammeuse adverse pour irrégularité, mais finalement… elle est sorti du banc des punitions au dernier moment, pendant que la jammeuse des Filles du Roy se prenait une grosse gamelle en tentant de passer… Résultat : 104-103 pour les Contrabanditas!
Étant un peu loin, j’ai seulement une ou deux photos qui rendent, mais j’espère être sur la piste dans deux semaines pour retourner encourager les Filles du Roi!

La Grande Sophie aux Francofolies

Vous ne saviez pas que j’avais un concert aujourd’hui ? Moi non plus. En ce moment, Montréal est un chantier au niveau de la Place des Arts, déjà parce qu’il y a un chantier (un vrai) mais aussi et surtout parce que c’est sur la rue Ste Catherine que se trouvent bon nombre des scènes en plein air du Festival des Francofolies. La chanson francophone n’étant pas forcément notre truc, nous accueillions avec enthousiasme ce festival, plutôt pour l’animation qu’il donne à la ville, plus que par les concerts que nous allions y voir (c’est à dire aucun.) Et pourtant, après une agréable petite balade au Vieux Port, l’idée nous a pris d’aller acheter des chaussettes. Nous ne sommes pas connus pour avoir une chance légendaire, mais cette fois-ci elle était avec nous! En passant près d’une tente qui ne payait pas de mine, nous sommes tombés sur les sounds-checks d’une voix qui nous semblait bien familière. En y regardant de plus près… Oui, oui, c’est La Grande Sophie! En concert dans une demi-heure, mais personne dans les parages. Après vérification, c’est pourtant gratuit! (car… c’est la tente « Pepsi », comme je vous le prouverai sur les photos un peu plus tard)

Nous l’avions déjà vu au Transbo il y a quelques années et on avait passé un super moment, La Grande Sophie est une boule d’énergie et c’était vraiment un excellent concert… Et quelles jambes, mazette!
Le public étant très familial à 5h de l’aprèm, il n’y avait bien-sûr que des places assises. Un concert assis… Sans sauter… Bon, il faut bien innover. Au bout de quelques morceaux, des gamines de 3 ans commencent à danser devant nous dans la « fosse ». J’m’en vais te pogoter tout ça, moi!

 Une chaleur tropicale sous la tente… Pepsi. C’est de toute beauté, hein? Il y avait Ford aussi.



Ce set acoustique était vraiment très chouette, incluant les classiques (Martin, Du courage…) ainsi qu’une reprise de Barbara, que La Grande Sophie était vraiment très émue d’interpréter… Et comme la dernière fois où elle avait fait un slam dans le public, elle n’a pas pu s’empêcher encore une fois de se rapprocher de nous. Bon, elle a pas franchement pu slamer, mais elle s’est adressée à moi (ainsi qu’au reste de public) pour entonner un de ses refrains, qu’elle repétait depuis 10 fois, et que je n’avais toujours pas retenu. La mémoire immédiate, c’est un peu ma faiblesse… La honte. Je pense qu’elle ne m’en veut pas trop, cependant.
En tous les cas, cette rencontre imprévue était vraiment chouette… On ne sait jamais ce qu’il peut nous arriver en nous promenant dans la rue, à Montréal!

Elle a des jambes… et je le prouve!

Avoir la bougeotte

Ces temps-ci, je me pose la question de savoir si je suis une éternelle insatisfaite.  Quand je vis à Lyon, je suis dans la ville que j’aime plus que tout au monde, qui est pleine de choses à visiter et à découvrir, qui est près de mille centre d’intérêts en France où à l’étranger.
Et pourtant, je suis partie à Montréal.  Je suis actuellement en train de passer un super séjour en Amérique du Nord, ce qui me permet d’expérimenter au quotidien une autre culture, de voir et faire des choses uniques, de pouvoir beaucoup voyager, de découvrir encore plus de choses…
Et à l’heure actuelle, même avec un superbe voyage déjà tout organisé et financé qui s’annonce en septembre, je pense déjà au prochain voyage, et encore pire, à celui d’après. Mais en y réfléchissant bien… je suis tout à fait satisfaite des choix que nous avons fait, et je suis sûre que les prochains seront au moins aussi heureux… Donc insatisfaite, non, impatiente seulement.
Depuis deux jours j’ai repris les boussoles et (plus vraisemblablement) le Google Maps pour calculer, tester, griffonner… Vu comme je suis persistante et têtue, je sais que tout ça se réalisera un jour, mais je crois que le plus marrant c’est de faire des projets de voyage : on découvre mille choses en lisant des tonnes de blogs, en voyant quelques photos, en achetant quelques guides du routard et autres lonely planet… C’est pour ça, entre autres choses, que je serais incapable de confier l’organisation de mon voyage à une agence, mince quoi, c’est quand-même le plus marrant !
Quoi de plus satisfaisant que de voir que ce que tu as préparé pendant des mois, voire des années, se concrétise ? Même si c’est assez effrayant de se dire que le voyage de quelqu’un d’autre dépend de nous (ah oui, parce que je fais agence de voyage bénévole, aussi) !
Bref, ces temps-ci j’ai la bougeotte. J’ai déjà bouclé dans ma tête le prochain « voyage » de 2012 et presque celui de 2014. C’est n’importe quoi ! A mon avis, mon enthousiasme doit être tellement saoulant, que ça ne doit pas être facile de vivre avec moi, chapeau… Heureusement que le hibou qui m’accompagne est souple de ce point de vue là, et que j’arrive (même si avec un peu de mal) à lui communiquer cet enthousiasme là… Je ne pensais jamais dire ça un jour mais j’ai envie d’un long road trip, un vrai road trip, où tu bouffes de la poussière, des kilomètres et du Texas (bah ouais, y’a pas le choix, c’est au milieu et c’est grand)
Aller, mets ton sac à dos, Let’s Go !

… en 2014, c’est ça?

Ah, et j’oubliais, voici ma petite participation au petit concours sympa nommé « Sur la route » où chacun présente sa photo en relation au thème… J’adore les routes américaines, mais j’en ai pourtant pris si peu en photo! Voici donc presque mon unique photo adorée d’une route de Mount Desert Island, dans le Maine :

Sortir de la ville sans en sortir; un petit tour à Westmount

Wesmount est techniquement une petite ville indépendante, depuis 2006… enclavée en plein cœur de Montréal. C’est un phénomène assez courant en Amérique du Nord, où certains quartiers à l’identité forte, et souvent nantis, deviennent las de payer les impôts pour des services publics qu’ils n’utilisent finalement pas (pourquoi payer le métro puisqu’on a une voiture perso, où l’hôpital puisqu’on va en clinique privé, où mille équipements sportifs puisqu’on a un club, ou le parc Lafontaine puisque celui de Westmount est plus beau ?). J’imagine que ce n’est qu’une raison entre mille ! Traditionnellement, Westmount est occupé par une communauté anglophone (d’abord les britanniques, puis les canadiens de l’ouest), la ville s’ouvre de plus en plus vers une population un peu moins aisée, au bas de la ville.
Etant donné que j’aime tout ce qui est beau, j’ai encore adoré me balader à Westmount.
Les avenues les plus chics (Shebrooke ouest) arborent des immeubles avec des entrées majestueuses et des fontaines italiennes, on s’attend presque à voir des chauffeurs ! Les plus petites rues ont encore plus de charme, avec des jardins immenses. Depuis que je suis à Montréal, j’ai toujours du mal à croire que l’on puisse avoir une terrasse et une véritable maison en pleine ville !
On est dans un tout autre monde, entre les beaux manoirs aux devantures impressionnantes, les bâtiments monumentaux et dans un style purement britannique, ainsi que le magnifique Westmount Park où j’ai hâte de retourner pour poser mes fesses dans l’herbe tendre mais aussi d’enfin visiter la grande bibliothèque et sa serre fleurie.

Westmount, c’est un peu comme un bout de Londres à Montréal, et du coup ne pas être allée en Angleterre cette année ne me manque pas trop…

"I’ll meet you later in a bar somewhere on St. Laurent Street"

J’emprunte cette petite phrase aux Devlins pour vous parler de ma rue préférée à Montréal (parce qu’il en faut bien une), le Boulevard St Laurent. Il traverse toute la ville du Nord au Sud et doit bien faire une bonne vingtaine de kilomètres. La « Main » est pour moi un des endroits qui illustre le mieux la ville de Montréal, c’en est finalement l’avenue principale, qui structure la ville et sépare Montréal Est de Montréal Ouest. C’est également un petit peu la séparation symbolique entre l’est francophone et l’ouest anglophone… Tandis que les « autres » immigrants se sont justement installés en plein sur le boulevard.

Pour commencer, les Italiens, à hauteur de notre quartier, mais aussi les chinois dont la toute petite Chinatown est située tout en bas (quand je dis « en bas », c’est au plus près du fleuve…) ou encore les grecs et la communauté juive au niveau de St Viateur. C’est toujours cette artère là que nous prenons pour descendre en ville, et c’est avec toujours autant de plaisir que je découvre ce qui est pour moi le cœur de Montréal-la-multiculturelle, des terrains vagues à hauteur de Rosemont, au quartier super branché du Mile End, où commence l’étalage de bars, de boites et de restos jusqu’en bas du Quartier Latin… où l’on retrouve les salles de concerts et autres bars anar’… Le boulevard St Laurent c’est toute la richesse et la force historique de Montréal, c’est 300 ans d’Histoire, c’est l’endroit qui inspire les artistes, c’est l’endroit où tout le monde va traîner les beaux soirs d’été…

Une déclaration d’amour

month of May, it’s a violent thing
in the city their hearts start to sing
well, some people singing sounds like screaming
used to doubt it but now I believe it

month of May, everybody sing love
in the city, watch it from above
and just when I knew what I wanted to say
the violent wind blew the wires away

Je l’ai déjà dit de nombreuses fois, mais je ne peux m’empêcher de radoter, l’arrivée du printemps à Montréal est quelque chose de tellement violent, de tellement fort, qu’il faut le vivre une fois dans sa vie pour savoir de quoi je parle. Je suis absolument incapable de mettre des mots là dessus donc je laisse quelqu’un le faire pour moi, quelqu’un qui est un peu plus à l’aise avec les mots, et qui décrit pour moi parfaitement la ville où nous faisons un petit bout de chemin. 
Montréal est bouillonnante de pleins de choses qui ont été retenues dans les souterrains pendant ses longs hivers. Tout revient à la surface, avec de la fureur, du désir, de l’exultation, presque avec une violence, celle de revivre à nouveau et d’être enfin à nouveau libres, cette liberté à Montréal est incroyable et c’est peut-être la chose qui me manquera le plus.
Et pour ça : Montréal, je t’aime!

Arcade Fire au Parking de la Place Longueuil, acte 3

Le titre de cet article vous semble bien moins glamour que celui des deux précédents? C’est normal. Hier soir avait lieu un concert qui était sensé rester secret jusqu’au soir, mais heureusement ou malheureusement (tout dépend du point de vue), il y a eu des fuites, et nous nous préparions depuis deux jours à aller en banlieue. Oui, en banlieue! On commence à être familiers des lieux, Longueuil étant presque devenu notre deuxième maison (c’est le point de départ vers différentes destinations, en fait, et ces temps-ci, on destinationne beaucoup). Oui, oui, destinationne. Je pense avoir dormi 18 heures en trois nuits, ce qui semble être un rythme normal pour certains, mais franchement pas pour un panda. En comptant les journées particulièrement fatigantes et stressantes du boulot, c’était le pompon. Heureusement que j’avais un défouloir tous les soirs… Là du coup je me sens nue. Que va t-on faire ce soir? Regarder un épisode des Simpsons? Passer l’aspirateur? Manger un couscous? On dirait que c’est bien parti pour tout un tas de choses palpitantes…
Trois concerts en trois soirs, et qui plus est pas des concerts de Frédéric François, c’est quand-même pas mal. A quand le trio Berlin/Munich/Vienne?

Pour en revenir au concert, il était assez étonnant. Le parking était situé entre un périphérique et un centre commercial, un vrai bon parking d’une vraie bonne banlieue américaine. Il n’y avait pas meilleur décor pour entendre résonner les nouvelles chansons, et Suburbs sonnait particulièrement bien ce soir. Après un faux départ (le piano de Win s’est éteint après quelques notes), ce dernier a sorti un bon gros « Hi! We’re Malajube ». Je suis tellement heureuse de voir que je ne suis pas la seule à les « aimer » autant, c’était vraiment, vraiment drôle. Il a ensuite blablaté sur le fait qu’ils ne s’attendaient pas à ça, qu’il y avait même des toilettes chimiques alors que celles de l’IGA à côté étaient pourtant « awesome »! Ah, Win, ça fait du bien de te voir de retour…

Outre le fait que l’album-concept traite des banlieues, pourquoi Longueuil? On a eu la réponse hier soir : « I think you all wonder why we picked this place, why Longueuil? Because Régine grew up here, a few blocks from here, that was her favorite mall, she’s like Jenny from the block ». Hop, c’est fait!

Je reviens un peu en arrière : après avoir pu assisté aux soundchecks (très sympa, d’ailleurs), nous avons du piquer un petit sprint pour nous retrouver encore au premier rang, encore juste devant Tim. Le regard de ce dernier nous voyant encore à la même place était d’ailleurs vraiment drôle… Je ne parlerai pas à nouveau des chansons mais plutôt de la surprise du groupe voyant autant de monde devant eux (les organisateurs disent 8 000 à 10 000 personnes alors que 1 200 étaient attendues, mais je penche plutôt pour la moitié, environ 5 000 personnes). Le public était composé d’un bon nombre de suburbans : des ados étant venus directement des lycées alentour après leurs cours, des familles avec des petits (j’ai du passer le concert avec une gamine de 10 ans sous le bras, essayant de ne pas trop lui broyer les orteils), et même des papis et mamis qui avaient posé leur chaise pliante au fond du parking. Je pense que c’était exactement ce qu’ils voulaient, et ils avaient l’air ravis.
Il y avait bien-sûr une clique de montréalais « hipsters » qui n’avaient d’ailleurs jamais quitté le Mile End ou le Quartier Latin, j’en suis sûre, au vue de leurs réflexions.

Don’t mess with Win.
Je passe rapidement sur l’histoire du nouveau roadie désastreux, que nous avions déjà remarqué les soirs précédents et qui a failli se faire tuer (littéralement) par Win : le type est nonchalant, reste 2 minutes sur scène après le début de la chanson, a même enlevé une guitare à Win alors qu’il était en train de jouer, a couru après Tim qui jouait Wake Up pour brancher son jack (alors que ce dernier lui donnait des coups de coude d’agacement et des « I don’t care! »), et le roadie-boulet comme nous l’appellerons a même failli se prendre le tabouret de Win dans la gueule, tellement les yeux de ce dernier lui lançait des éclairs.

Ce concert en plein air sentait l’été, et merci au groupe d’avoir eu encore une fois une excellente idée. Pour citer la Montreal Gazette de ce matin : « It was free, in terms of both finance and spirit – a wild idea that turned into a wager won. The Fire still burns. »

Arcade Fire au Théâtre Granada de Sherbrooke, acte 2

Comme prévu, le trajet de bus était bien looooong pour arriver dans cette magnifique ville de Sherbrooke (ironie, quand tu nous tiens) et nous sommes déjà bien fatigués après une journée de boulot. Comme prévu aussi, l’ambiance du second soir est beaucoup plus relax : pas de file d’attente pour rentrer dans la salle alors que nous arrivons bien plus tard que la veille. La salle est encore à moitié vide, ce qui nous suffit pour nous glisser encore une fois au premier rang, un peu plus au centre, du côté chevelu de Win. (pour ceux qui ont suivi la petite blague…)
Après une heure de reggae en fond sonore (quelle chance, quelle joie), le directeur du théâtre annonce enfin l’entrée imminente du groupe sur scène.
C’est Ready to Start qui entame la danse, ce qui me semble être un choix bien plus judicieux que le The Suburbs de la veille mais bon après tout, un concert de chauffe ça sert aussi à faire les mauvais choix… Bref, je m’éparpille déjà, mais j’avoue que ma nuit de 5h doit y être pour quelque chose. La batterie de la chanson annonce le ton : très sèche, très rythmée, comme j’ai l’impression que cela va être beaucoup le cas dans l’album… En bref, il n’y a pas meilleure chanson pour… commencer, ça tombe bien. 

Month of May prend la relève pour continuer à bien chauffer le public, contrairement au concert de la veille où le début du concert était finalement le ventre mou. Je n’avais pas aimé l’interprétation de Month of May hier mais je crois qu’ils commencent à vraiment la maîtriser, et prendre plus de plaisir à la jouer. Même si… elle est toujours un peu torchée à mon goût, elle mériterait encore plus de travail et même si l’énergie brute, surtout celle de Win, est incroyable sur cette chanson, ça ne m’a pas suffit. Je dis ça avec un peu de recul mais hier faut bien avouer que je secouais les cheveux comme les plus grands métalleux. Je tiens à le souligner, mais je crois que je n’avais jamais vu Tim sauter et sourire comme ça!
Les classiques reviennent : Arcade Fire entreprend de nous tuer en enchaînant avec No Cars Go, chanson qui compte beaucoup en live pour moi puisque c’est en quelque sorte l’hymne d’un endroit où je passe beaucoup de temps… J’ai vécu beaucoup de No Cars Go à ce jour mais celui là avait quelque chose de plus, il était plus énervé, plus rock, plus violent. Cette chanson évoque pour moi l’énergie du désespoir, et on était en plein dedans hier soir. Will commence à s’agiter peu à peu, Win devient également une boule de nerfs. Je l’ai rarement vu comme ça.
Et là se passe quelque chose d’extraordinaire quand les premières notes d’Haïti retentissent dans la salle. Régine prend le micro pour cette chanson finalement traditionnelle en concert mais ce soir, non, ce soir il y avait quelque chose en plus. Win était vraiment très ému, mais aussi violent, dans un sens. Régine a étrangement dédié la chanson à l’île… Je pense qu’ils sont encore très touchés par les récents évènements qui ont eu lieu là bas il y a quelques mois. C’était un Haïti désespéré, difficile, Win tourne le dos au public pendant quelques moments et menace encore d’éclater sa guitare contre le sol. Il s’est passé quelque chose de spécial pendant Haïti hier, même si je n’arrive pas tout à fait à mettre le doigt dessus. Tout le monde commence à suer sérieusement, sur scène et dans la fosse et j’avoue ne jamais avoir vu bouger une salle comme ça au Canada. 
Je n’arrive pas à croire qu’ils osent enchaîner avec Rococo. A ce stade là du concert, tout le monde était déjà mort, et ils enchaînent avec ce qui est en train de devenir un nouvel hymne ArcadeFiresque. J’avais déjà eu un énorme coup de cœur la veille, enfin disons que j’avais les yeux écarquillés et j’étais incrédule qu’ils étaient capables de sortir une chanson comme ça. Je ne comprends pas comment c’est possible, et je suis toujours autant étonnée par eux. Bref, Rococo est incroyable. Je ne sais que dire d’autre, elle rentre parfaitement dans cet album-concept ayant pour thème les banlieues américaines. Avec Rococo, on est plongés en plein cœur de l’Amérique de Win, avec qui il a une relation ambigüe, la chanson me semble tellement pleine d’énergie brute, et encore cette espoir/désespoir qui revient. Richard, dépouillé de sa contrebasse pendant cette tournée, revient à la batterie au milieu de la chanson, rendant le son encore plus lourd et dense. Rococo est une chanson qui me hante, j’ai l’impression d’entendre ses chœurs toute la journée…
Il me semble que nous n’avions pas eu l’immense chance d’entendre City with no Children la veille, et c’est bien dommage! Dans un registre beaucoup plus léger et accessible, dirais-je, qui me fait penser à du rock plus classique à la Springsteen. La chanson est encore une fois très évocatrice de l’urbanité. Ce mot existe ou pas? Je pense au Texas en l’écoutant. Scored.
Inutile de présenter Tunnels, je pense. En un mot : épique. Même plus épique que d’habitude. Même mille fois plus épique que d’habitude. Où suis-je?
The Suburbs suit. L’ambiance redescend un peu pour moi et ça me permet de souffler un peu. Je dois admettre que même en n’appréciant pas tellement la chanson, elle était particulièrement réussie hier, et la voix de Win était vraiment au top. Je pense aussi qu’elle va beaucoup mûrir…
Suburban War juste ensuite. Je vois cette chanson un peu comme le pendant maléfique (!!) de The Suburbs. Suburbs est le jour, Suburban War est la nuit. Les paroles me semblent magnifiques. La chanson ne commence véritablement qu’au bout de 2 minutes, disons qu’elle change de visage pour devenir moins classique, plus intense…
Ça suffit, après les berceuses, on revient au rythme! We used to wait et son duo piano/batterie entêtant. Je ne crois pas me tromper en disant que c’est pendant cette chanson que Win est au piano, et qu’encore une fois il a balancé son tabouret à la fin… Je pense que celle ci va rapidement être une de mes préférées. Je ne sais pas de quoi elle parle, mais elle m’évoque la rébellion… « ouuuuuh used to wait… ouuuuuh used to wait… »
Les parents de Win et Will étaient dans la salle et nous avons pu croiser le papa : un grand (immense, remarque.. on aurait pu s’en douter) type avec de longs cheveux blancs. Très marrant…
La foule devient folle et Win nous lance son habituel « Are you guys comfortable out there? Let me know if you need something! » railleur. Le balcon se lève quand-même un peu mais la fosse est vraiment en furie, et ça fait vraiment plaisir… Je ne touche plus le sol jusqu’à la fin du concert (quoique ça devait déjà être le cas depuis Haïti…). J’ai omis de dire que nous étions en plein Power Out, et que comme la veille, et que comme très souvent, Win oublie les paroles et se fait emmerder par Régine à côté qui se moque de lui en lui les soufflant dans l’oreille… Je n’ai jamais vu Win aussi détendu, aussi souriant, aussi fou. Il a déjà très envie de sauter dans le public, il se rapproche de nous, se lance puis se retient. Les vigiles commencent à flipper un peu… Tim recommence à sauter (!!!), Sarah et Marika sont radieuses et dansent comme des folles. Génial.
Je ne pensais pas qu’ils referaient jamais la transition avec Rebellion. Je ne m’en lasserais jamais, jamais, jamais. C’était absolument magique, mais encore plus que d’habitude (je sais que je l’ai déjà dit mais faut que ça rentre!); l’ambiance est dans la même lignée, tout le monde criant les « Lies, Lies! ». Win se rapproche encore du bord… J’ai l’impression que la chanson a duré 10 minutes mais c’est bon, je recommence à avoir mon endurance habituelle, contrairement à la veille où la reprise sportive avait été un peu difficile.
Très surprise de revoir Intervention, d’autant plus qu’elle avait été loupée hier. Pourtant, c’est une version toute nouvelle qui nous vient, toute fraîche, toute épurée, et elle avait tout à fait sa place dans ce set. Intervention, c’est aussi comme un vieux pote qu’on aime toujours revoir…
Ca commence à sentir la fin de concert et c’est encore une nouvelle chanson, Modern Man qui résonne dans le théâtre très… rococo de Sherbrooke. Encore une belle mélodie et sûrement dans mon Top3…
Je ne me rappelle plus quand était le premier rappel mais ce Keep the car Running était franchement le meilleur de ma vie (c’est pour rester dans le thème épique). Je ne sais pas quoi dire. Win, cette fois s’est lancé dans le public, à quelques mètres de nous, pour s’enfuir par l’arrière. Tout le monde le cherche pendant 10 minutes, le groupe sort et rentre sur scène, Régine le cherche du regard et lui lance un très mignon « Mais Win, où es-tu, on l’a perdu! ». Il retrouve finalement le chemin de la scène, avec des vigiles encore un peu paniqués pour entamer le Wake Up qui nous tue tous, branché cette fois-ci, et toujours avec le théâtre entier qui chante comme pas possible, le sol en tremblait…

En résumé, c’était un concert exceptionnel, vous l’avez compris avec tout mon vocabulaire laudatif, mais je ne pensais sincèrement pas que n’importe quel concert au monde pourrait être meilleur que celui de Munich en novembre 2007, et pourtant. On a encore atteint un autre niveau d’interprétation, j’ai rarement vu le groupe d’aussi bonne humeur, et surtout aussi fort. J’avais eu une drôle d’impression la veille, mais cette fois j’ai surtout l’impression de les avoir retrouvé, encore plus parfait que là où je les ai laissé il y a 3 ans. J’ai un petit pincement au cœur, cependant… Je crois qu’à présent ils sont vraiment devenus grands, je ne dis pas qu’ils vont faire des stades un jour, mais je ne suis pas sûre de les revoir un jour dans une salle aussi petite. Continuons d’espérer…

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