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Archives de mars, 2011

Être lyonnaise, c’est quoi ?

… C’est parler un langage un peu étrange, que ce soit en plein cagnard, dans une traboule, ou en prenant la ficelle… et demander aux gens c’est quelle heure. Dis moi pâs que c’teuh fois tu m’suis pâs ?
 … C’est ne pas avoir peur du gras. Encore mieux, c’est vénérer le gras. Comme je l’ai toujours dit : « Le gras, c’est la vie ». Passe moi le sauc’, steuplait.
… C’est savoir comment gérer les énormes orages d’été qui vous rendent plus mouillés que lorsque vous êtes sous la douche
… C’est ne pas oublier d’aller au Jardin St Pierre pour déguster ses macarons dans le silence
… C’est savoir que les chaussures à talons sont incompatibles avec cette ville, ses pavés et ses collines
… C’est s’en foutre complètement de ce que le reste du monde peut penser de Lyon et de vous, lyonnaise
  … C’est considérer Bocuse comme un Dieu. En ce qui me concerne, ce serait plutôt le chocolatier Sève.
 … C’est savoir que les Terreaux ne s’écrit pas « l’hétéro » (véridique, un ami pas lyonnais me l’a faite) 
… C’est avoir déjà suivi de près, ou tu suis encore maintenant, les exploits de l’OL, de l’Asvel ou du Lou (en ce qui me concerne, j’étais amoureuse de Müller)
 … C’est savoir que tu vas voler dans le trolley bus de Minuit car le chauffeur est pressé de rentrer

… C’est ne pas ignorer ce que sont des grattons, un jésus, un gratin de cardons de Vaulx, un bouchon, les Mères, les coussins…

… C’est ne jamais oublier de mettre des lampions (et non loupiotes ou lumignons) à tes fenêtres le 8 décembre
…C’est ricaner bêtement en disant à ton pote « d’aller voir à Perrache »
… C’est aimer plus que tout la Roseraie, sa fraicheur et sa tranquillité en plein mois d’août
… C’est essayer d’arriver le plus tôt possible pour réussir à choper l’une des rares chaises longues sur les berges du Rhône
… C’est aussi malheureusement devoir monter à Paris tout le temps pour voir des concerts, à présent
… C’est ne toujours pas comprendre pourquoi cette ville devrait être froide
…C’est te lever la nuit pour maudire le quartier de la Part Dieu (cela marche également avec l’échangeur Turcot de Montréal)
… C’est trouver un charme au quartier de la Part Dieu sus-cité, même dans son abomination bêtonnée
… C’est trouver trop au Nord tout ce qui est au Nord de Lyon, et trop au Sud ce qui est au Sud de Lyon
… C’est vanter sans cesse la position géographique parfaite de la ville : mer, montagne, volcans… sans en profiter assez souvent
… C’est être arrogant, un peu quand-même
… C’est savoir que l’amphitéâtre romain est un endroit très agréable pour glander mais que son ascension se mérite
… C’est ne jamais rater les Nuits de Fourvière
… C’est ne jamais louper la vogue des marrons à la Croix Rousse
… C’est avoir remarqué que les illustrations sur les sièges de bus et de tram sont… des lions
… C’est, même après toutes ces années, se perdre dans les rues pentues de la Croix Rousse
… C’est se pinter au Ninkasi
… C’est presque devenir mystique en voyant la Basilique de Fourvière éclairée la nuit au tournant de la rue de l’Université

Suis-je une vraie lyonnaise ? C’est vrai, après tout, je suis née à Oullins (ouh, mon dieu que c’est loin), j’ai passé toute ma scolarité à me battre contre le lobby stéphanois dans la Loire, mon influence gastronomique est espagnole… Mais après tout, être lyonnaise, c’est quoi ? C’est être émerveillée à chaque fois que je traverse le Rhône en TGV pour longer le Parc de la Tête d’Or…

(illustration d’~elenawing, sur deviantART)

Sweet England… un tour du côté de Reading et d’Oxford

 Oh, England, I’ve missed you ! C’est sans doute la première chose que j’ai pensé en arrivant à la sublime gare de St Pancras. Même si le voyage a été chaotique (Monsieur Eurostar nous avait dit que le train se prenait à Lyon Part Dieu et non à Lyon St Exupéry… Il s’en est ensuivi que notre voyage a duré plus de 10h, à cause des correspondances manquées – heureusement, un employé d’Eurostar avec un charmant accent français a fait en sorte que je ne leur en veuille pas trop). Après une rapide balade dans Soho et un petit resto (et, forcément, un petit passage devant le Bar Italia, c’est un pèlerinage obligatoire), direction l’est de l’Angleterre pour 4 jours, loin de l’agitation londonienne. Au menu : balade, pubs et glande.

 Avant d’évoquer un peu le séjour anglais, j’aimerais faire une petite digression : que tous les français qui se plaignent de la SNCF regardent un petit peu ce qui se fait à l’étranger. Plus de 19 livres pour faire un trajet aller de moins d’une demi-heure dans la banlieue de Londres, ça fait toujours mal, très mal. Sans oublier la lenteur du train due au changement de compagnie quand on se déplace un peu loin. Et pour finir, il ne faut pas oublier que cette jolie privatisation britannique n’en est pas une puisque c’est toujours l’Etat britannique qui subventionne les entreprises de transport privées, puisqu’elle n’arrive pas à joindre les deux bouts. Voilà, c’est dit !

Un petit aperçu de la verdoyante Oxford
Dieu nous observe

Il est impressionnant de voir à quel point les Charity Shops sont importants pour les anglais : dans une ville de taille modeste comme Reading, on doit pas en compter moins de dix. Tous avec des articles intéressants, voire des vêtements vintage ou des vinyles, intégrales de série… Il faut rester raisonnable ! Reading n’est peut-être pas la ville la plus excitante du monde mais ce n’est pas non plus une cité dortoir, il y a de bonnes petites adresses, pas mal de monde et quand-même, la seule attraction historique n’est pas des moindres puisqu’il s’agit des murs d’enceinte de la prison dans laquelle Oscar Wilde a été enfermé. Je ne ferais certes pas 1000 km pour voir ça mais c’est émouvant.

Le paradis du geek, Reading

La ville est super bien placée pour aller de partout en Angleterre : Bath, Oxford, Cambridge, Southampton… On a choisi la deuxième solution en raison du prix du train. Je ne me rappelais que vaguement d’Oxford mais cette ville est toujours aussi charmante, et c’est toujours aussi agréable de déambuler dans les rues (pour des pauvres comme nous, la visite du College reste beaucoup trop chère). Malheureusement, je n’ai pas pu voir de beaux étudiants anglais (roux) puisqu’on est en plein Spring Break…

St Pancras mon amour

 Voilà un séjour bien reposant comme on n’en avait pas fait depuis trop longtemps ! Comme d’habitude, je ne reviens pas en France sans plein de bouffe du pays visité, ce sont donc des beans, des jaffa cakes, des tonnes de produits Lush (on pourrait presque en manger), des cookies et des soupes de chez Mark and Spencer qui viennent alourdir notre valise…

Cake à la Cigale

Je continue ma découverte des salles parisiennes en mettant les pieds à La Cigale, et cette fois-ci je ne suis pas déçue ! Une belle petite salle, taille parfaite, scène à la bonne hauteur, et surtout une super acoustique. Cette fois ci, je ne me plaindrai donc pas. Après 7 ans de pause, de conception de gamins, de rodéos en Californie ou que sais-je encore, Cake revient enfin sur scène. Je suis impatiente comme une panda impatiente qui est impatiente : enfin ! Je vais voir Cake ! Naïve, j’espérais toujours avoir une des plus belles chansons du monde, c’est à dire Palm of your Hand en live, même s’il devait y avoir à peu près 0.0001% de chances qu’ils la jouent (mais bon, après tout, j’avais accompli l’exploit d’entendre Howl de BRMC, donc tous les fantasmes étaient possibles).
Enfin, une petite annonce résonne dans la salle et nous dit d’éteindre nos appareils photos et nos téléphones portables, car on le sait, Cake sont intransigeants à ce sujet. Et c’est bien malheureux qu’ils ne soient pas suivis par d’autres groupes. Ils n’hésitent pas à dire au public de ranger leurs appareils, comme John McCrea a malheureusement du encore le faire au milieu du concert « Put that down, that’s making me nervous ». J’en ai marre de cette pollution que sont les appareils photos et autres iPhones à la con qui prennent des photos de merde dont tout le monde se fout. Et qui gênent les artistes et les spectateurs. Un peu de respect, nom de nom.
Avec 45 minutes de retard (les messieurs sont habituellement très ponctuels et avaient d’ailleurs envoyé un mail pour nous prévenir que le concert, sans première partie, commencerait précisément à 20h), arrivent enfin sur scène. Enfin… disons plutôt qu’un morceau instrumental, rappelant plus que vaguement un générique de série des années 70, les introduit (des lumières tous aussi kitsch éclairent un décor pastoral, tel que vous pouvez les trouver sur les canevas de vos grands-mères).

Enfin ! Ils sont là ! Le concert commence tout doucement, amené par leur excellent trompettiste. Les chansons se suivent, dans une super ambiance, que je n’ai jamais connue en concert. Une ambiance tranquille, détendue, californienne, quoi. Ils font leur petit show sur scène, John McCrea fait le chef d’orchestre sur Sick of You pour déterminer qui de la partie gauche ou droite de la salle est la moins naze, le public est sympa et se laisse prendre au jeu… C’est d’ailleurs la première fois que je croise un public parisien aussi cool, c’est sans doute dû au fait que c’est Cake (pas franchement le groupe le plus branché du moment) et que les trentenaires voire quarantenaires foisonnent… Viens enfin le moment du « Tree Giveaway », une tradition sur cette tournée. On se demandait tous ce que pouvait bien faire un petite arbre en pot sur scène depuis le début. Voilà la réponse ! Celui qui devinera la variété de l’arbre et qui jure pouvoir le planter d’ici un mois pourra le gagner ! Il s’agit d’un pommier, qu’une maman du public gagne. En guise de pacte, elle doit serrer la main de McCrea pendant 10 minutes, lui expliquant le projet : tous les deux ans, le propriétaire du pommier doit se prendre en photo à côté de celui-ci, pour que le monde entier voit comment les deux vieillissent… J’ai trouvé cette initiative super mignonne.
Vient l’entracte, une vraie entracte où le groupe sort de scène et va chercher des « 1664 » fraîches (ils auraient pu trouver mieux, les pauvres), puis la reprise du concert, malheureusement écourté parce que le guitariste du groupe n’avait pas fait sonner son réveil… On passe donc d’un set de 18 chansons à 24 habituellement. Qu’importe ! Les 2 heures de concert étaient déjà superbes et puis de toute façon tant pis, je n’ai pas eu ma chanson préférée mais j’ai eu « Mexico« … Tout est donc pardonné.
http://player.soundcloud.com/player.swf?url=http%3A%2F%2Fapi.soundcloud.com%2Ftracks%2F12193726  CAKE – Mexico by joshuamic

Mon Amérique du Nord en livres

Je relisais mon « Profil » du blog pour me remémorer quelles bêtises j’avais bien pu dire, et en fait, ça a fait germer une petite idée d’article ! Je me demandais récemment quels livres m’avaient « forgée » telle que je suis aujourd’hui. Enfant, je lisais beaucoup, à tel point que lorsque j’allais à la bibliothèque le Mercredi matin, la plupart des bouquins empruntés rejoignaient la pile des « déjà lus » le Mercredi soir. Évidemment, ça me paraissait logique qu’arrivée au Lycée, je ne pouvais pas faire autre chose qu’un bac littéraire. En revanche, à l’Université, je me suis orientée vers des études plus scientifiques… de Géographie cette fois-ci. Je pense que ce n’est pas un hasard du tout, et que la plupart de mes passions ont pris racine très jeune… D’où cette petite liste chronologique, qui va chercher loin dans ma mémoire, des bouquins qui m’ont donné cette passion (le premier qui dit « obsession » aura affaire à moi) pour l’Amérique du Nord… C’est fou comme tout s’imbrique et je ne m’en rends compte que maintenant !

1. En CP, je lisais déjà beaucoup, et je savais déjà lire, d’ailleurs. Le premier livre de lecture qui a été proposé en classe, un « livre de grands » avec des vraies pages en papier, c’était « Rob Rocky, l’Homme des Rocheuses » (notez son nom absolument ridicule). Je ne me rappelle que vaguement de l’histoire : un convoi de pionniers traverse l’Ouest Américain pour trouver la terre promise, mais leur oncle est tué par des indiens et donc les enfants doivent prendre le convoi en main en faisant attention de ne pas se faire attaquer par la grande gachette de l’Ouest, Rob Rocky… En fait je m’en souviens mieux que prévu ! Et le voici, le tout premier livre qui m’a fait découvrir les États-Unis ! Bon, ok, c’est une histoire simpliste voire un peu raciste avec l’histoire des Indiens, mais bon, niveau esprit critique, en CP, c’était pas tout à fait ça.

2. Ce bouquin là n’est pas franchement un roman mais c’était le plus épais et le plus volumineux de la bibliothèque de mes parents, donc forcément, je cassais mes bras de moineau (qui sont toujours aussi musclés, 15 ans après) pour le sortir de l’étagère et le parcourir. Je n’y comprenais pas grand chose mais je trouvais que les cartes étaient vraiment très belles. J’essayais de retenir la forme des pays mais j’évitais toujours le chapitre sur l’Asie : trop de petits pays, et puis c’était vraiment trop compliqué (bin oui, l’Atlas datait de bien avant la décolonisation, alors si en plus il faut apprendre des noms de pays qui n’existent pas…) J’étais en tout cas admirative devant ces beaux noms californiens « San Francisco, Monterey, Sausalito… »

3. Je peux enfin vous présenter un de mes livres préférés, toujours aujourd’hui, et un œuvre largement sous-estimée, en France où elle est méconnue, tout au moins. Il s’agit de la saga « The Lives and Times of Scrooge McDuck » par Keno Don Rosa, autrement dite « La Jeunesse de Picsou ». Elle a paru pour la première fois en France dans les Picsou Magazine et n’a pas cessé de paraître depuis. L’histoire de Scrooge est vraiment fascinante et bien loin des histoires gnan-gnans à la Disney. Don Rosa a accepté la mission formidable de creuser encore plus la mythologie autour de Scrooge, mythologie déjà créée par l’esprit fertile de Carl Barks. En résulte une saga formidable, précise dont la richesse du dessin est incroyable. Drôle, émouvante, juste… On suit Scrooge tout autour du monde, de son Écosse natale jusqu’au Mississippi, à la Vallée de l’Agonie Blanche dans le Yukon, en Afrique du Sud, en Indonésie, en Australie… Les épisodes les plus marquants pour moi sont évidemment les nord-américains car la retranscription historique de la ruée vers l’or est absolument parfaite à mon goût. J’ai tout appris grâce à Picsou, et c’est lui qui m’a donné envie de voir ça de mes propres yeux. Ca peut paraître ridicule d’avoir Picsou pour référent, mais c’est normal, quand on n’a pas lu The Lives and Times… Lisez les, et vous verrez !

4. Peu après, est arrivé Stephen King. J’empruntais les livres à mon beau-frère, qui en faisait la collection. Pour une raison que je ne m’explique pas, mon premier livre de lui était « Pet Sematary » (Simetière) comme pour beaucoup de monde ! Il garde une place spéciale dans mon cœur, même si c’est loin d’être mon préféré. Et là je découvrais quelque chose qui m’était totalement inconnu : le Maine. Un pays brumeux, avec beaucoup de forêts sombres, des lacs profonds, des cabanes au fond des bois, cette ville de Bangor qui est presque le seul îlot de civilisation… Stephen King n’a pas son pareil pour décrire ce magnifique endroit, que je découvre pour la première fois en 2008. C’est mon tout premier voyage aux États-Unis et j’ai été tellement émue de voir de mes propres yeux à quel point Stephen King avait réussi, une fois de plus, à retranscrire si parfaitement et surtout si fidèlement le lieu dans lequel se passe tous ses romans. A la différence qu’évidemment… le Maine est aussi mystérieux que paisible…

5. En 4ème, lecture obligatoire en cours de français : « Des Souris et des Hommes » de John Steinbeck. Je crois que c’était mon tout premier grand classique américain. Aujourd’hui, j’avoue que je trouve ça dommage et sans intérêt d’avoir travaillé sur une traduction, mais cette étude m’aura permis de découvrir la grandeur de Steinbeck, et il s’agit d’ailleurs toujours d’un de mes livres préférés. Les couleurs, les odeurs, les lumières… tout est parfait, et d’une sensibilité incroyable. La douleur que j’ai ressenti en lisant le livre, la beauté des mots. Je rêve souvent de la vallée où se trouve la ferme et des plaines désertiques californiennes pendant la grande crise…

6. Bien plus tard, après avoir découvert un peu Steinbeck, j’ai ouvert la porte à l’autre auteur classique : William Faulkner. C’est un tout autre univers qui s’est ouvert à moi, celui de l’humidité du climat du Mississippi, du poids de la chaleur mais aussi de celui de l’Histoire du Sud, lié à l’esclavage, à la guerre de sécession, à la religion… Ce livre m’a causé beaucoup de fil à retordre, tant sa lecture peut être fastidieuse à certains moments (Faulkner n’est pas le plus facile à lire…) mais je dois absolument le relire bientôt, pour avoir un œil nouveau et peut-être un peu plus mature. Ce livre est d’une beauté absolue.

7. Encore au collège, je me souviens m’être ennuyée énormément et avoir pris au hasard un bouquin dans la bibliothèque de mes parents. Il s’agissait de « Fille du Destin », d’Isabel Allende, auteure que je découvrais pour la toute première fois, et que j’aime toujours beaucoup, non pas parce qu’elle est particulièrement brillante, mais parce que c’est une très grande narratrice. Et aussi, parce qu’elle est un peu féministe sur les bords… Fille du Destin nous raconte l’histoire d’une jeune femme, chilienne, qui quitte son pays pour se retrouver, un peu par hasard, en Californie, pendant la ruée vers l’or. C’est une des seules femmes pionnières et elle arrive à survivre dans un environnement brutal.

8. Alors celui ci, je viens tout juste de m’en rappeler, à croire que je voulais vraiment l’oublier !!! Mais cher lecteur, je ne te mentirai pas. Ainsi, je suis obligée de l’évoquer. Encore une fois tiré de la fameuse bibliothèque de mes parents, voici « Tonnerre sur la Cité Perdue », un roman qui n’est sans doute pas très bon, mais vraiment super divertissant. (donc finalement, c’est qu’il doit être bon). Un roman policier mené par une jeune archéologue qui finit par se retrouver au fin fond des canyons de l’Utah (tiens, tiens…) pour découvrir une cité indienne Anasazi… perdue. Je vous rassure, elle finit par trouver la Cité, ses mystères et son lot d’assassinats… Ma première découverte des paysages de l’Utah !

9. Au Lycée, j’étais dans une période « grands auteurs français », c’est pour ça que je ne me souviens de ne rien avoir lu d’américain ! Je passe directement à l’Université, où j’ai entamé de nombreux romans de flibustiers (mais je ne suis pas sûre qu’on puisse considérer les Caraïbes comme en Amérique du Nord, donc je laisse tomber). En revanche, j’ai entamé le trèèèèès long « Journal de Lewis et Clark » en deux volumes colossaux. C’est une collection des différents journaux des membres d’une des plus grandes expéditions, commanditée par Thomas Jefferson lui-même, et dont le but était de découvrir et cartographier les terres hostiles et inconnues de l’Ouest. Les dangers sont nombreux, entre les attaques d’ours, d’indiens, les périls du Missouri, les maladies, les blessures… Beaucoup de membres du voyage n’en reviendront pas. Lewis lui-même deviendra à moitié fou quelques années après « Le Grand Retour » et ces 2 années de voyage. J’ai découvert tellement de choses à travers ce récit… Les relations extrêmement complexes avec les indiens, mais aussi les trappeurs français, bref, la géopolitique de l’époque, si on peut appeler ça comme ça…

Cela fait 9 livres qui m’ont forgée telle que je suis, mais je ne compte pas m’arrêter là, puisqu’il y a quelques mois, j’ai proclamé cette année comme mon année américaine, où je dois m’efforcer de rattraper mon retard dans la lecture des plus grands classiques américains, mais aussi dans ma connaissance du monde mormon… (mais peut-être que le quota est déjà atteint, je me suis enfilé deux livres historiques à ce sujet !) Nous verrons en fin d’année pour le bilan…

Le printemps est là

C’est comme une évidence, j’ai le nez qui me démange, il fait un grand ciel bleu, il fait très froid le matin et très doux l’après-midi. Il n’y a aucun doute : le printemps est là. L’hiver a été très long. J’ai l’impression de ne pas être passée par la case « automne » en rentrant d’Amérique du Nord. Ça fait du bien de se réchauffer sur les marches des berges du Rhône, en voyant la Basilique de Fourvière perchée là haut, derrière un voile de brume. J’écoute « Deep Blue » d’Arcade Fire et repense à nos marches le long du Boulevard St Joseph avant de trouver la quiétude du Jardin Botanique. J’ai l’esprit bien ici, mais j’ai aussi l’esprit ailleurs.

10 choses sans lesquelles je ne peux pas voyager

Mes compagnons de voyage le savent : je voyage léger. Généralement, une robe, une brosse à dent, deux culottes et deux tee-shirts et c’est bon, je tasse le tout dans mon sac et c’est parti. Je ne parle même pas de week-ends à Paris ou à Londres (où là, la liste est encore plus réduite) mais de vrais grands voyages, par exemple comme nos précédents en Utah, et le prochain à venir sur la route. Bon ok, j’exagère peut-être un peu, pour trois mois de voyage, le sac à dos risque d’être un peu plus lourd ! Quelles sont les 10 choses que je prend à tous les coups quand je voyage dans ces endroits magnifiques ? (je suis sûre que si je partais en Laponie, la liste ne serait pas franchement la même…)

1. Sans Birkenstock, point de salut. Après avoir marché toute la journée avec des chaussures de marche (qui sont humides et puantes le soir), mes petits pieds respirent rien qu’à l’idée de retrouver mes chaussures préférées, mes Birkenstock à semelles molles, avec lesquelles je peux faire des dizaines de kilomètres sans avoir mal ni aux pieds, ni au dos (ce qui est très rare chez moi). Le plus dur, c’est de devoir me passer de mes chers vernis bleu et rouge… (bin oui, ça fait pas très warrior, sinon)

2. Encore un peu de pub pour la jeunesse branchée (ou les vampires). Mes Wayfarer sont mes meilleures compagnons de jeu depuis une grosse année. Bien couvrantes, elles me font voir la vie en rouge. Il fait toujours plus beau quand je les mets qu’en vrai. Ne vous avisez pas de me les piquer, elles sont à ma vue. A ma vue de taupe.

3. Avoir un teint de rousse, c’est joli, mais seulement en hiver. Le reste du temps, ça me donne envie de pleurer, même avec un écran total indice 10 000. Bouh.

4. Mon carnet de voyage Moleskine tout pourri, sur lequel j’écris les événements de la journée, les adresses des heureux destinataires de cartes postales, où je colle des choses, où je calcule… C’est toujours un plaisir à relire quelques années après…

5. Un aspi-venin. Même petite, ma mère me suivait toujours avec. Je suis très allergique aux piqûres de guêpes (je ne fais heureusement pas d’œdème de quink pour ça) et évidemment, je me fais piquer à peu près toutes les semaines en été. Et puis qui sait, il y a peut-être de redoutables serpents à sonnette qui traînent dans le coin ?

6. Les guêpes m’aiment, mais pas autant que les moustiques. Je dois avoir une peau sucrée ou qui sent fort, je ne sais pas. Pendant l’été montréalais, j’avais même été handicapée pendant plusieurs jours à cause de ma jambe qui avait doublé de volume. Sales bêtes. Seul le répulsif canadien, interdit à la commercialisation en Europe (car il contient des saloperies ignobles) arrive à les éloigner un peu.

7. Il est évidemment un peu cliché de dire « mon iPod« , d’autant plus que je déteste ce petit appareil. Et pourtant… il n’est toujours pas cassé donc je le trimballe toujours avec moi. La musique fait autant partie du voyage que les senteurs, les paysages, les bruits de la nature…

8. Une carte. Des tonnes de cartes. Je ne peux pas voyager sans cartes, je me sens nue sans elles. Ma dépendance à la géographie, peut-être ? Ou alors ça vient d’un traumatisme lié à des années de tortures en salle de cartographie ? (un peu comme un syndrome de Stockholm…)

9. Mes appareils photos, deux ou trois, selon ce que je peux emprunter. Mon reflex Canon et ses deux objectifs (50 mm et 14 mm) et mon instantané Fujifilm, avec un tas de cartes SD et de films !


10. Mon shampoing solide Lush. Je pense que c’est le seul produit de soin que j’aurais besoin d’apporter avec moi si nécessaire. Il lave tout. Il passe dans la cabine d’avion avec moi. Il dure 6 mois. Il ne fond pas. Il ne coule pas. Que demande le peuple ?

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