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Archives de la catégorie ‘Arizona’

Récit de voyage #3 : Sur la route, Lee’s Ferry et le Horseshoe Bend

Je remercie une fois de plus le magnifique site ouestusa.fr qui a été mon meilleur compagnon pour l’élaboration de ce voyage et qui mentionnait ce petit détour au bord du Colorado, peu après l’entrée dans la Glen Canyon National Recreation Area, avant de rejoindre notre prochaine étape, la Monument Valley. Ce site, vraiment superbe, est constitué d’un petit camping et surtout d’une magnifique plage au bord du majestueux Colorado. Les tons sont rougeoyants mais surtout turquoises, comme l’eau glacée du fleuve.

Quel bonheur de s’y tremper les mollets, de respirer un bon coup l’air frais (alors que 100 mètres plus loin c’est une fournaise à peine respirable en Septembre, alors je n’ose pas imaginer pas fin Juillet) et d’observer les pêcheurs du coin, dont une navajo qui a attrapé sa proie glissante avec les mains ! Nous voilà donc en territoire Navajo, au milieu de ces canyons complètement désolés et dépourvus de la moindre végétation dès que l’on s’éloigne un tant soit peu de l’unique source d’eau.

Je m’y serais presque baignée si on avait eu plus de temps ! Lee’s Ferry semble aussi être le lieu idéal pour faire un peu de canoë !

En poursuivant notre route en direction de Page, on prend de la hauteur pour pouvoir observer le même Colorado, mais cette fois des deux ponts surplombants le fleuve. Ma phobie des ponts ne m’a pas vraiment aidée pour me sentir pleinement à l’aise pour admirer le paysage et photographier mais, les jambes en coton, je suis quand-même parvenue à admirer le paysage, un paysage sec, avec un ciel bleu incroyable (je vous jure que les photos ne sont pas retouchées, et que je n’ai même pas de filtre !)

En se rapprochant de Page, on décide de passer au mythique point de vue du Horseshoe Bend, qui fait le bonheur de milliers de touristes chaque année et qui est caractérisé par la vue panoramique d’un méandre du-dit Colorado. Je n’ai pas peur de marcher, mais quand j’ai vu le kilomètre qu’il fallait parcourir dans le sable, en plein soleil et à midi, je me suis dit qu’on allait souffrir. Qu’importe, tels de vaillants panda, hibou, tricératops et chipmunk (ce sont nos noms de scène), nous nous y aventurons.
Nous nous approchons de la falaise et première impression : je déteste. Je déteste la foule de gens qui se massent contre le précipice, je déteste l’agitation, le bruit et l’inconscience des gens. Et comble de tout, je déteste le point de vue. Je le trouve banal, finalement, et pas si spectaculaire, en tout cas beaucoup moins que le précédent. Qui plus est, on commence à voir le désastre écologique qu’est le Lac Powell et l’horrible ville de Page d’ici. Bof, bof. Je pense que ça restera un des points noirs du séjour, pour moi !

Récit de voyage #2 : Grand Canyon – North Rim

Un voyage avec des amis, ça doit être fait de compromis. C’est pour ça que lorsque mon amie L. m’a dit quelque chose comme « Le Grand Canyon, c’est obligé! » je m’imagine avoir ressemblé à cette petite illustration inconnue à gauche.
Cependant, je suis juste et magnanime (comme Dieu, un peu) donc je me suis renseignée pour trouver une solution afin d’éviter de me retrouver dans un soi-disant National Park, au milieu des millions de cars de touristes, d’avions, d’hélicoptères, de Mc Donald’s et j’en passe des meilleurs. Prendre sa photo devant le Grand Canyon doit être une institution depuis que la photographie existe. Et moi ça m’emmerde. En fouillant un petit peu à droite et à gauche, j’ai trouvé LA solution : il existe aussi une entrée du parc sur le versant nord, qui n’est fréquenté que par 10% des visiteurs du parc.

Plus haut en altitude, plus froid, mais aussi plus sauvage : c’est ce qu’il nous fallait ! Nous voici donc partis pour la North Rim, la route est longue mais belle, entre les prairies de haute altitude et les forêts d’épineux récemment brûlées. Au crépuscule, nous sommes presque seuls et nous pouvons observer les animaux qui paissent tranquillement : des mule deer, des petits oiseaux de partout mais aussi… un troupeau de bisons ! Je ne sais pas s’ils sont rares dans le coin, cela m’étonnerait, mais nous avons tous été époustouflés par cette surprise incroyable. Après une première nuit dans les très sympas petits lodges en rondins de bois, nous pouvons enfin découvrir le panorama. Le visitor center, à la Shining, surplombe le Grand Canyon, que nous pouvons enfin voir.

Ce n’est pas le panorama classique que nous connaissons : les couleurs sont plus sombres, les pentes sont plus boisées, ce n’est bel et bien pas désertique ! On ne voit pas jusqu’où mènent les vertigineuses falaises, que ce soit du Point Imperial (2684 mètres d’altitude et mon asthme se réveille, il me faudra quelques jours pour me sentir très bien à cette altitude) ou au visitor center… Je ne suis pas spécialement à l’aise devant des paysages à perte de vue (je vais pas me psychanalyser ici, on va juste dire que je ne suis pas à l’aise!). Généralement (et l’avenir va le prouver), je n’arrive pas à trouver de point d’accroche pour l’oeil, j’y trouve un côté frustrant : bon ok, c’est magnifique, mais on fait quoi là, on peut même pas y aller ? Ce côté inaccessible… Mais il n’y a pas à dire, il est facile de se laisser charmer par le bruissement des pins et de rester des heures à contempler le grand canyon… A essayer de repérer les différentes strates de roches, de comprendre comment, pourquoi, et depuis quand elles sont là, à guetter la moindre manifestation animale, à tenter de regarder au loin si on voit une trace de la civilisation…

Nous attendons le coucher de soleil comme de bons vieux touristes : bières, cocas ou jus de fruits à la main. La plupart des touristes sont des locaux, partis pour le Labor Day et c’est très agréable de savoir que l’on est au Grand Canyon, mais pourtant dans un endroit qui reste hors des sentiers battus, relativement, bien-sûr. Notre première nuit au camping est tout aussi épique : les warriors que nous sommes parvenons tout de même à allumer un magnifique bonfire, carboniser des popcorns, griller des saucisses, et surtout, mourir de froid la nuit. Nous n’avons malheureusement pas le temps de randonner cette fois-ci, c’est décevant mais c’est pas grave… on reviendra bien un jour ou l’autre

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