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Archives de la catégorie ‘Concerts/Musique’

30 Songs Challenge #1

En surfant sur Facebook, j’ai trouvé ce jeu amusant qui consiste à poster une chanson tous les jours pendant 30 jours, en fonction de certains critères. Je vous épargne le nouvel article par jour sur le blog mais je vous trouve amusant de vous faire partager ce défi par petites bribes !

Les 10 premières chansons :

Day 01 – your favorite song :
Sans doute la question la plus ardue, étant donné que cela doit changer tous les jours. J’ai une chanson préférée pour chacun des mes groupes préférés… Mais c’est vrai que lorsque l’on me pose cette question, sans réfléchir, je pense immédiatement à Tunnels, d’Arcade Fire. C’est LA chanson épique par excellence, et la première du groupe que j’ai entendue. Même si actuellement, mes relations avec Arcade Fire sont plutôt conflictuelles, dès que j’entends Tunnels, j’oublie tout et je reviens en 2005, lors de ma découverte de Funeral. Et c’est cette chanson qui m’a donné envie de découvrir l’hiver montréalais, et rien que pour ça… elle ne peut qu’être en première place. Pendant le Neon Bible Tour, j’ai eu plusieurs crises d’asthme en live à force de sauter et de chanter en même temps ! Elle a perdu de sa force en 2010 donc je vous mets une version de 2007…



day 02 – your least favorite song
Des chansons que je déteste, j’en ai mille fois plus que des chansons que j’aime. Il m’est cependant assez facile de me remémorer les nombreuses heures de torture dans la voiture pour partir en Espagne. 14h avec Radio Trafic. Dont au moins 2h avec ce put*** de saxophone qui pue. ARG

Careless Whisper – George Michael



day 03 – a song that makes you happy 
Depuis toute petite, je pense que c’est celle là, et ça n’a pas changé. 

Cyndi Lauper – Girls just wanna have fun

day 04 – a song that makes you sad
Cette chanson est incroyable en live, elle est pleine de subtilité, de nostalgie, et je crois, profondément triste.

Bell Orchestre – Air Lines/Land Lines

day 05 – a song that reminds you of someone
Cette chanson – qui sera une belle faute de goût dans cette jolie liste- me remémore de beaux moments avec mes deux hiboux préférés pour nos traditionnelles nuits blanches d’août. Le clip, avec son David Guetta au look de clodo qui a une tête de merlan frit vaut autant le coup. Je préfère cependant vous donner le lien musical, juste pour que puissiez profiter pleinement de ce bijou.
David Guetta et Kelly Rowland – When love takes over

day 06 – a song that reminds you of somewhere
J’ai envie de dire mille lieux, j’ai surtout envie de vous décrire pleins d’endroits de l’Utah traversés en musique, mais contre toute attente, c’est de cette fameuse traversée du Pont Champlain dont je vais vous parler. Eté 2008, premier voyage hors d’Europe, je suis très malade, rien ne va très bien. Je me sens décalée, j’ai envie de rentrer chez moi pour me reposer et me soigner. Après quelques jours passés sur la rive sud de Montréal, je prends enfin mon courage à deux mains, où plutôt le bus, pour enfin retourner sur l’île de Montréal et découvrir la ville. C’est par le Pont Champlain que l’on traverse, celui qui donne à mon avis la plus belle vue de la skyline de Montréal. C’est magnifique, le ciel me parait immense, le St Laurent grandiose, j’écoute Language City de Wolf Parade, « we’re not at home, we’re not at home, we’re not at home… » est scandé mais pour la première fois depuis une semaine, je me sens bien. Rebelotte en 2010 pour la traversée dans l’autre sens direction le Vermont. Toujours en bus. Je repasse la chanson par nostalgie. Montréal c’est bien un de mes « chez moi ».
 
day 07 – a song that reminds you of a certain event
Une nuit d’été à Lyon. Une chanson qui me rappelle à la fois quelque chose et quelqu’un de marquant.
 
Donovan – Hurdy Gurdy Man

day 08 – a song that you know all the words to

Ohhhh, je connais un tas de chansons ! Mais je me rappelle avoir chanté celle là en boucle à un bébé en crise psychologique. Et ça a marché à merveille.
Grandaddy – Nature Anthem
day 09 – a song that you can dance to
S’il y a quelque chose que je déteste, c’est danser. Je ne sais pas danser. Après, s’il s’agit de faire du air guitar en bougeant les cheveux, ce serait ça :
 
The Ramones – Pet Cemetary
day 10 – a song that makes you fall asleep 
Et non pas parce qu’elle est ennuyeuse… C’est juste une chanson un peu mièvre que je trouve cependant très belle, très douce.
Camera Obscura – James

Cake à la Cigale

Je continue ma découverte des salles parisiennes en mettant les pieds à La Cigale, et cette fois-ci je ne suis pas déçue ! Une belle petite salle, taille parfaite, scène à la bonne hauteur, et surtout une super acoustique. Cette fois ci, je ne me plaindrai donc pas. Après 7 ans de pause, de conception de gamins, de rodéos en Californie ou que sais-je encore, Cake revient enfin sur scène. Je suis impatiente comme une panda impatiente qui est impatiente : enfin ! Je vais voir Cake ! Naïve, j’espérais toujours avoir une des plus belles chansons du monde, c’est à dire Palm of your Hand en live, même s’il devait y avoir à peu près 0.0001% de chances qu’ils la jouent (mais bon, après tout, j’avais accompli l’exploit d’entendre Howl de BRMC, donc tous les fantasmes étaient possibles).
Enfin, une petite annonce résonne dans la salle et nous dit d’éteindre nos appareils photos et nos téléphones portables, car on le sait, Cake sont intransigeants à ce sujet. Et c’est bien malheureux qu’ils ne soient pas suivis par d’autres groupes. Ils n’hésitent pas à dire au public de ranger leurs appareils, comme John McCrea a malheureusement du encore le faire au milieu du concert « Put that down, that’s making me nervous ». J’en ai marre de cette pollution que sont les appareils photos et autres iPhones à la con qui prennent des photos de merde dont tout le monde se fout. Et qui gênent les artistes et les spectateurs. Un peu de respect, nom de nom.
Avec 45 minutes de retard (les messieurs sont habituellement très ponctuels et avaient d’ailleurs envoyé un mail pour nous prévenir que le concert, sans première partie, commencerait précisément à 20h), arrivent enfin sur scène. Enfin… disons plutôt qu’un morceau instrumental, rappelant plus que vaguement un générique de série des années 70, les introduit (des lumières tous aussi kitsch éclairent un décor pastoral, tel que vous pouvez les trouver sur les canevas de vos grands-mères).

Enfin ! Ils sont là ! Le concert commence tout doucement, amené par leur excellent trompettiste. Les chansons se suivent, dans une super ambiance, que je n’ai jamais connue en concert. Une ambiance tranquille, détendue, californienne, quoi. Ils font leur petit show sur scène, John McCrea fait le chef d’orchestre sur Sick of You pour déterminer qui de la partie gauche ou droite de la salle est la moins naze, le public est sympa et se laisse prendre au jeu… C’est d’ailleurs la première fois que je croise un public parisien aussi cool, c’est sans doute dû au fait que c’est Cake (pas franchement le groupe le plus branché du moment) et que les trentenaires voire quarantenaires foisonnent… Viens enfin le moment du « Tree Giveaway », une tradition sur cette tournée. On se demandait tous ce que pouvait bien faire un petite arbre en pot sur scène depuis le début. Voilà la réponse ! Celui qui devinera la variété de l’arbre et qui jure pouvoir le planter d’ici un mois pourra le gagner ! Il s’agit d’un pommier, qu’une maman du public gagne. En guise de pacte, elle doit serrer la main de McCrea pendant 10 minutes, lui expliquant le projet : tous les deux ans, le propriétaire du pommier doit se prendre en photo à côté de celui-ci, pour que le monde entier voit comment les deux vieillissent… J’ai trouvé cette initiative super mignonne.
Vient l’entracte, une vraie entracte où le groupe sort de scène et va chercher des « 1664 » fraîches (ils auraient pu trouver mieux, les pauvres), puis la reprise du concert, malheureusement écourté parce que le guitariste du groupe n’avait pas fait sonner son réveil… On passe donc d’un set de 18 chansons à 24 habituellement. Qu’importe ! Les 2 heures de concert étaient déjà superbes et puis de toute façon tant pis, je n’ai pas eu ma chanson préférée mais j’ai eu « Mexico« … Tout est donc pardonné.
http://player.soundcloud.com/player.swf?url=http%3A%2F%2Fapi.soundcloud.com%2Ftracks%2F12193726  CAKE – Mexico by joshuamic

La folie des concerts

J’avais envie d’écrire ce petit billet d’humeur ici, car récemment il y a pas mal de polémique à ce sujet sur un certain forum que je fréquente.
Je me suis aussi rappelée des diverses réactions que j’avais eu au boulot quand je disais que j’allais voir Arcade Fire plusieurs fois en quelques jours, entre les yeux exorbités et les remarques du genre « t’es vraiment une groupie » ou les rires moqueurs, j’ai été gâtée !
Et pourtant, j’avoue que je suis dubitative face à ces remarques… Je m’explique un peu :
Ces temps-ci, j’hallucine complètement face à certaines personnes qui parcourent littéralement le monde pour voir un certain groupe tous les deux jours : je comprends, après tout, à moindre mesure, je fais la même chose. Ce que je ne comprends pas, en revanche, c’est que pour eux, suivre une tournée, c’est pour se faire plaisir, mais aussi et surtout assouvir un besoin de reconnaissance « oh mon dieu, tu crois qu’il va nous reconnaître, qu’il va nous voir?? ». Dans cette optique là, non, je ne comprends pas. Je vais voir plusieurs fois le même groupe (a priori, Arcade Fire 7 fois cette année, et encore je suis une petite joueuse!) et même si j’ai toujours envie d’en voir plus, je me pose des limites. Qui sont déjà financières, mais aussi pour m’éviter de devenir boulimique. Je suis convaincue que si j’en faisais deux fois plus, j’apprécierais toujours autant, mais là n’est pas la question. Quand on me demande pourquoi je retourne les voir alors que je les ai déjà vus, je réponds toujours qu’après tout, (avec toutes proportions gardées, je ne suis pas complètement folle non plus) : c’est comme un orgasme, ce n’est pas parce que tu en as déjà eu un que tu ne vas plus en vouloir d’autre! C’est toujours la même chose, si on va par là…
Les concerts sont pour moi un endroit où je me libère, où je me sens complètement connectée, que je prends toute l’intensité de ce que le groupe veut me donner, et oui, ça fait du bien. Je paye pour revivre à chaque fois cette intensité, et ça ne me dérange pas de le revivre indéfiniment, surtout qu’avec les groupes en question, le concert n’est JAMAIS le même (contrairement au groupe du Grobono, suivez mon regard.)
En gros, je vais à un concert pour moi, pas parce que j’ai envie que Win Butler me reconnaisse et voit à quel point je suis folle « oh mon dieu j’ai fait 38 concerts de cette tournée! » ni pour me voir sur les photos officielles « oh mon dieu regarde, tatan georgette, j’y étais! ». Le manque de recul, la groupie-tude, presque de la violence, ça, ça m’effraie.
Je profite également de ces concerts pour voyager, enfin je ne sais pas, c’est peut-être l’inverse. Je n’irai jamais dans un endroit qui me fait chier juste parce que le groupe X y passe. Bon, je vous mens un peu, ça m’est arrivé, pour Bell Orchestre à Bruxelles. Mais ça découle d’une loooongue histoire un peu personnelle… c’est un choix que je ne regrette pour rien au monde !
Il m’arrive de choisir mes dates de vacances en fonction (on devait aller à Londres en mars, on savait pas quand, « paf, regarde, un concert de Patrick Wolf« !). Cela fait des années qu’on devait aller à Madrid pour différentes raisons et voir qu’un groupe y passe en Novembre, et bien hop, on se motive, on y va ! Les voyages et la musique sont pour moi totalement indissociables, et on en profite à fond !

Arcade Fire à Osheaga, 31 juillet 2010

Voici la dernière date de notre expérience québécoise avec le groupe : le festival d’Osheaga! Je ne suis pas du tout une grande fan de festivals et mon expérience en la matière est plus que limitée (Vieilles Charrues à Carhaix en 2007, qui n’a pas été concluant et le faux-vrai festival des Nuits de Fourvière mais vu que c’est un faux-vrai festival, ça ne compte pas.)
Quoiqu’il en soit, je ne mourrais pas d’envie de voir le groupe dans ce cadre là… mais il nous est impossible de résister à la tentation d’être dans le même endroit qu’Arcade Fire quand ils sont dans notre ville! La présence de National et d’Owen Pallett cette journée là ne nous a pas fait hésiter longtemps à prendre nos billets (60$, aïe).
Cependant… pas d’Owen Pallet (programmé à 15h, super) ni de National (programmés juste avant Arcade Fire, mais sur l’autre scène, et nous n’allions évidemment pas perdre notre place au premier rang sur la grande scène). J’ai pu profiter de loin, en regardant l’autre scène sur le bout des pieds, et je regrette maintenant de ne pas avoir pris mes places pour Paris en novembre… Tant pis, ce sera pour une prochaine fois! (les fans de Nirvana disaient la même chose, et regardez ce qu’il s’est passé)

Je ne me lancerai pas dans une description intégrale du concert, mais il y a très certainement eu des moments forts. Je m’attendais un peu à ce que « Crown of Love », que j’attends de voir en live depuis 5 ans refasse surface, et grands dieux, ça n’a pas manqué. Qu’est ce que c’était beau! Enfin! La consécration!
On s’attendait aussi à avoir quelques nouvelles chansons, puisque l’album sort officiellement demain (mais en pratique, la plupart des pré-commandes ont été reçues il y a une semaine, et il a évidemment leaké). Nous étions donc deux glandus à connaître les nouvelles chansons presque par cœur. Win annonce la première : Deep Blue… Nous ne nous attendions pas à en avoir de nouvelles et pourtant! Voilà Sprawl II, que Régine dédie au boulevard Taschereau, sa source d’inspiration pour l’écriture de ce morceau (ça doit bien être la première fois que le boulevard Taschereau inspire quelque chose, d’ailleurs), mais pour couronner le tout, voilà Half Light II! Choix couillu pour quitter la scène une première fois, avant le rappel… Les « premières fois » sur scène des nouvelles chansons sonnaient extrêmement biens, surtout Sprawl II avec Régine qui parcourt la scène avec son petit pas de Peter Pan et Win avec un instrument étrange ressemblant à un maracas plat…
Tunnels, le classique, marque le début du rappel, et peu avant la fin de la chanson, pendant l’apothéose, ils nous ont projeté des milliers de confettis (symbolisant la neige, si vous avez compris la chanson), avec des souffleurs… C’était vraiment très beau… avec les feux d’artifice tirés du pont Jacques Cartier et que l’on pouvait apercevoir à côté de la scène…
Une très belle soirée et un joli (et tout petit) festival, il ne m’en faut pas plus!

Ready To Start
Laika
No Cars Go –> Haiti
Empty Room
Intervention
Rococo
Crown of Love
Deep Blue
We Used To Wait
Power Out –> Rebellion
Month Of May
Half Light II (No Celebration)

Neighborhood #1 (Tunnels)
Sprawl II (Mountains Beyond Mountains)
Wake Up

Arcade Fire – The Suburbs

Mon blog n’est pas du tout un blog musical, où je passe mon temps à écouter des groupes obscures et à en faire des reviews tout aussi obscures (enfin si, je fais le premier, mais pas le deuxième). Cependant, certains d’entre vous ont du avoir la perspicacité nécessaire pour comprendre qu’il y avait des groupes qui avaient une importance toute particulière dans ma vie. Parce qu’après tout, la musique compte autant pour moi que les voyages, et nous les associons toujours, que ce soit pour passer un beau week-end concert quelque part en Europe, ou pour écouter des compilations dans la voiture pendant un road-trip, ou encore pour regarder les nuages à travers le hublot, les écouteurs dans les oreilles. Pour moi, les deux sont totalement indissociables, et même si depuis quelques mois je vous raconte un petit peu mes concerts, cette fois-ci est exceptionnelle, je le promets. Aujourd’hui a « leaké » le petit nouveau d’Arcade Fire, sobrement nommé The Suburbs. Après avoir été pleine de bonne volonté, je n’ai pas pu résister à l’envie de l’écouter, même si le rip n’est évidemment pas d’une qualité exceptionnelle. Il faudra de toute façon que j’attente d’être rentrée à Lyon et de pouvoir le poser sur ma platine pour en entendre toutes les subtilités et toute la beauté…

J’ai déjà écrit à propos de ce groupe, ici, par exemple, pour présenter un petit peu pourquoi il est uniqueaujourd’hui dans le monde de la musique indépendante. Je rajoute « indépendante » car jusqu’à maintenant, Arcade Fire n’étaient pas excessivement médiatisés, et ne passaient que sur certaines radios étrangères, toujours orientées rock indé. Mais… les petits sont devenus grands.

Je n’ai toujours pas compris comment Neon Bible, leur second album, a pu plaire autant au public. Bien-sûr, il faut relativiser : ce qui est énorme dans le monde de la musique indépendante est tout petit à côté de groupes que l’on qualifie de relève des « anciens » comme U2 et les Stones. Je pense à Coldplay (non sans réprimer quelques petites moqueries) ou autres groupes que je n’apprécie pas particulièrement mais qui ont su trouvé leur « grand public » comme Muse ou même des plus petits comme Kasabian, Kings of Leon ou Editors…

Arcade Fire est un groupe qui veut dire énormément pour moi : ce sont un peu mes mentors, ceux qui m’ont fait découvrir ce que la musique avait encore a offrir de grand, ils m’ont ouvert une porte vers quelque chose qui est devenu ma passion. Comme avait pu le faire U2 une bonne dizaine d’années auparavant, lorsque ces derniers m’avaient ouvert le cœur à la musique rock.  Ces deux évènements ont eu une grande influence sur moi, et sur qui je suis aujourd’hui, c’est sans doute pompeux de dire ça, mais j’ai grandi avec U2 et j’ai bien vieilli avec Arcade Fire. J’ai beau n’être que dans ma vingtaine, vous savez tous que j’ai toujours été une vieille conne. J’ai l’impression qu’ils ont grandi eux aussi, maintenant.

Il m’est difficile de vous décrire pourquoi Arcade Fire se démarque de tous ces groupes, et sans parler forcément de popularité. Je pense que ces 7 là proposent quelque chose d’inédit, « d’anti-FM ». Ils sont aussi très intelligents. C’est un peu des universitaires rock-star sans doute pompeusement intellos, en tout cas c’est comme ça que les non-initiés peuvent les voir sur scène. Il me semble que Win Butler a un diplôme de théologie. Sa femme, Régine Chassagne, jouait de la musique médiévale (et oui, c’est de là que vient la vieile à roue!). Je ne les qualifierai pas de hipster car ils sont même en marge de la mode. A Montréal, je vois des dizaines de gens dans le Mile End, habillés comme ils l’étaient il y a 3 ans pendant la sortie de Neon Bible. Je ne sais pas non plus si c’est eux qui font la mode, puisqu’ils me semblent tellement loin de tout ça, même pas dans une tendance, et pas en marge non plus, je dirai qu’ils sont en dessus de tout ça, qu’ils ont d’autres préoccupations et ne se rendent même pas compte de ce qu’ils peuvent inspirer et de la portée de ce qu’ils créent.
Cependant… il y a une chose qui est sûre, c’est que dans The Suburbs, ils sont très très confiants, ont vraiment conscience que ce qu’ils ont écrit est vraiment spécial.

Comme d’habitude dans le milieu de la musique indépendance, on fustige tout ce qui devient grand, les groupes qui vendent à présent plus de 3 albums, et je pensais que ça allait être aussi le cas d’Arcade Fire. Moi la première, je ne nie pas être égoïste et avoir envie de les garder pour moi toute seule. Je ne les connais peut-être pas depuis le tout début, mais ils me suivent dans ma vie depuis 5 ans, et j’ai nettement pu voir la différence. Des petites salles comme le Nouveau Casino en 2005, on va maintenant passer au Zénith en 2010 (ça c’est une devinette de ma part, mais étant donné que le groupe, épuisé par cette interminable tournée du Neon Bible, a déclaré qu’ils allaient faire peu de dates mais dans de grandes salles… je pense qu’on ne va pas y échapper).

Cependant… il y a quelque chose d’étrange et de paradoxal : les critiques sont dithyrambiques pour ce dernier album (et l’ont toujours plus ou moins été), le public suit quand-même puisqu’ils ont vendu des milliers d’album mais… s’ils continuent sur cette voie, je ne les vois pas aller plus haut encore dans la notoriété, comme Muse ou Coldplay, sus-cités, par exemple. Je me trompe peut-être mais j’ai l’impression que leur musique est d’un autre temps, trop dense, trop compliquée, et qu’elle passe très mal à la radio, bref, qu’elle ne peut pas vendre plus. Je me demande toujours comment ils vont remplir la Halle Tony Garnier en novembre (même si, à mon avis, elle sera en configuration minimale). Je pense qu’ils sont, avec The Suburbs, au sommet de leur notoriété.

Il est toujours spécial d’entendre un album avant sa sortie. Surtout cet album que j’attends depuis trois longues années. Je n’ai lu que très peu de revues de l’album, j’ai l’impression de l’écouter avec une oreille neuve, même si bien-sûr, nous faisons partie des privilégiés qui ont eu l’occasion d’entendre plusieurs fois les chansons sur scène. A ce moment là, je me disais que cet album allait « être quelque chose ». Puis j’avais été refroidie par l’écoute de la version studio de « Ready to Start », qui me semblait faible, étouffée… et c’est avec un soulagement énorme que je vous fais part de mes sentiments cette après-midi : le nouvel album d’Arcade Fire est incroyable. Je ne m’attendais pas à l’aimer, je voulais juste qu’ils me surprennent comme ils l’ont toujours fait en changeant toujours de ton. Et ils l’ont fait!

J’ai toujours été fascinée par le thème des banlieues, et c’est sûrement du à ma déformation professionnelle de géographe. Les banlieues américaines m’ont toujours intéressé particulièrement : cette zone intermédiaire, qui ne vit qu’après 18h, cette zone de flottement… Arcade Fire a particulièrement réussi à sentir l’essence des banlieues américaines, même s’ils l’ont bien-sûr expérimenté dans leur enfance et adolescence. L’album est très long et dure un peu plus d’une heure si mon lecteur ne me ment pas. Il est extrêmement dense, et c’est d’ailleurs le premier mot qui m’est venu à l’esprit. J’ai eu du mal à l’écouter d’une traite, j’avais déjà envie de l’arrêter à sa moitié pour le digérer. Quelques heures plus tard, j’en suis à la troisième écoute et j’ai toujours cette sensation, la sensation qu’il me faudra plusieurs mois voir plusieurs années pour vraiment découvrir les chansons dans leur intégralité et arriver à les dégager de cet ensemble très cohérent.

The Suburbs est, comme tous les précédents, un album très mélancolique, peut-être même un peu nostalgique, mais aussi avec un zeste d’amertume… Win Butler dit cependant qu’il est plus « universel » que le précédent et c’est bien vrai, même si je pense qu’il ne va jamais vraiment percer, il est trop étrange. Je ne suis pas devin : on verra

La chanson éponyme The Suburbs ouvre l’album, chanson que je viens enfin de découvrir, dans toutes ses subtilités (et surtout, à force de rabâchage, le falsetto de Win ne me dérange plus autant.) Le début de l’album est très calme, très « cosy », on ne s’attend pas à être trop bousculés… Patatra!
Prends ça! (dirait mon fidèle avocat Phoenix Wright! à noter que je ne pensais jamais citer Phoenix dans une revue d’album d’Arcade Fire)

Ready To Start, un bijou en live, ce genre de chansons qui te donne envie de jeter ton tee shirt sur la scène et de crier pour te libérer (enfin pour Win c’était plutôt un tabouret sur le roadie)  rend finalement aussi bien, est est parfaite en deuxième position, la pression commence à monter.

La tant attendue Modern Man prend la relève. J’avais adoré cette chanson, pour moi elle signifie la même chose que Keep the Car Running, j’ai la même émotion et les mêmes sensations quand je l’écoute. C’est à ce moment là qu’on se rend compte de l’incroyable bond qualitatif qu’ils ont encore fait : la batterie de Jeremy et ce rythme si étrange couplé au phrasé de Win me fait me poser beaucoup de questions. Sur comment c’est possible d’écrire des choses comme ça en ayant à peine 30 ans? J’ai l’impression qu’il y a toute une vie derrière cette chanson.

C’est parti pour Rococo, qui est pour moi le seul résidu de Neon Bible (et je ne boude pas mon plaisir). Ils ont un peu ressorti la grandiloquence des orgues mais ah, une grande nouveauté! Des synthés ringards! J’adore! Encore une chanson magnifiquement écrite, avec une montée en puissance comme ils savent si bien le faire. Une ligne de basse parfaite, un solo de guitare parfait, final parfait. Un hymne ! ROCOCOROCOCOROCOCO

Un solo de violon très excité coupe la fin « en fondu » de Rococo et annonce le début de Empty Room, qui avait été si ratée sur scène. Enfin! La belle voix de Régine fait son apparition et se marie avec celle de Win… On sent de plus en plus les relents des années 1970. J’avais très peur, à l’écoute des premiers singles, que le violon n’ai pas la place qu’il mérite sur l’album mais ouf, Sarah et Marika peuvent souffler et moi aussi : les sons étranges de la guitare de Richard se fondent avec le violon et les chœurs de Régine… J’ai un peu la sensation de ressentir l’ambiance de l’EP…

City with no children est vraiment un enchaînement étrange. Il m’évoque vraiment le Texas : bien joué… C’est fou de voir que des chansons plus différentes les unes que les autres peuvent former quelque chose d’aussi cohérent.


Half Light I me semble être une chanson de transition, mais qui ne manque pourtant pas de beauté, un beau violon et piano vient assoir le tout… C’est vraiment charmant. Je pense que c’est le mot. Ça me fait un peu penser à Besnard Lakes et à Miracle Fortress, d’ailleurs. C’est comme un petit susurrement à l’oreille…

Half Light II (No Celebration). J’adore le son très 80’s, le rythme de la boite automatique à la « L’homme qui valait trois milliards », le synthé kitsch, l’arrivée épique et de la guitare bien grasse. Je dois absolument prêter une oreille plus attentive à ces paroles là. Cette chanson là, en live, ça va être quelque chose. Typiquement le genre de chansons que l’on ne remarque pas à la première écoute mais qui vous saute à la tête à la troisième. Non, non, je ne parle pas pour moi! Arcade Fire est un groupe très sain, ils ne boivent pas (trop), ils ne fument pas… Mais… ce serait pas un « mushroom moment« , ça?

La première fois que j’avais entendu Suburban War, j’ai cru entendre beaucoup de Springsteen. Mais au final, il n’y a guère que le riff qui m’y fait penser. Encore une montée très intense, de très jolis chœurs (je soupçonne très fortement Richard d’y être pour quelque chose), de ceux qui te donnent des frissons tout le long de l’échine. Une chanson désespérée pour commencer, mais qui finalement s’ouvre sur quelque chose de plus positif. Putain ce que j’aime le Arcade Fire pompeux, où il y a ce genre de moments où tu sens que Win a envie de tuer tout le monde sur scène et est intense au point où il va se mettre à pleurer ou à sauter dans le public. On ne sait jamais ce qu’il va faire. C’est un peu ça, Suburban War. Quelles paroles…

Tout le monde a déjà entendu Month of May. Et tout le monde se demandait comment le morceau allait pouvoir prendre sa place dans cet album. Et même en l’entendant de mes propres oreilles je me demande encore comment c’est possible que c’est chose punky rentre aussi bien dans cet album, surtout après Suburban War. Je ne comprends toujours pas. Les morceaux précédents c’étaient la banlieue, Month of May c’est Montréal.

Wasted Hours et pour moi, pour l’instant, le ventre mou de l’album. Elle me fait un peu penser à du Bon Iver. Pour l’instant, je n’ai pas réussi à vraiment la comprendre et accrocher. Le bon point, c’est qu’elle fait vraiment redescendre la pression et propose quelque chose de plus tranquille. Tant mieux, pour mes nerfs et mon pauvre petit cœur. Une chanson à écouter tard la nuit et sur la route, j’imagine. Deep Blue est dans la même continuité. Sauf que cette fois-ci, on recommence à monter un petit peu… on perd petit à petit un peu de légèreté dans la chanson…

Il est difficile de décrire We used to Wait. J’ai pas envie de me casser la tête alors en un mot… hmmm… « putain ». Putain, ça vous va? Et pourtant c’est pas ma préférée de l’album mais je ne sais pas, je trouve qu’il se passe trop de choses dans cette composition pour pouvoir en tirer des propos cohérents.

Sprawl I (Flatland)… aaaaah… on reparle géographie, en plus… Cette chanson est vraiment difficile à appréhender… Les violons sont volatiles, très purs, très beaux… On n’entend que Win… On attend avec impatience que l’orage explose, mais ça ne vient toujours pas. Je me demande si Richard a enfin repris la contrebasse, d’ailleurs…

Sprawl II (Mountains beyond mountains). Vous connaissez Heart of Glass? Bah voilà, version 2010. MON DIEU! J’adore tellement Blondie… Régine s’éclate tellement… Les deux « Sprawls » ne font sens que lorsqu’elles sont collées. C’est tellement « dance »! On se demande aussi comment cette chanson peut rentrer aussi bien dans l’album… J’ai envie de faire une danse des canards sur les synthés ringards (remarquez cette rime de toute beauté).


The Suburbs (continued), reprise de la première, achève cet album… avec un thème digne des vieux films des années 50.

The Suburbs s’annonce être un album incroyable, un album très mûr… Je ne peux pas en tirer plus de conclusions pour l’instant. Quelles paroles, mon dieu, quelles paroles!
Bonne écoute à tous, le 2 août en Europe! Vivement que j’ai ce beau vynil entre mes mains…

Handsome Furs à l’Apple Store

J’ai réussi à ne pas entrer dans un Apple Store pendant les 23 années de ma courte vie. (et eux non plus apparemment) Malheureusement, je n’ai pas pu résister à la tentation hier, tout simplement pour enfin avoir la chance d’y voir Handsome Furs pour un concert gratuit hier soir. J’ai tellement usé leur album de l’année dernière, Face Control, que ça faisait des mois et des mois que nous mourrions d’envie de voir envie le groupe montréalais. Pendant que nous faisions la queue pendant quelques minutes devant l’édifice-stalinien-temple-de-la-consommation-d’Apple, Alexeï et son mari Dan sortent fumer à quelques mètres de nous. Ça peut paraître bête mais j’ai toujours beaucoup d’étonnement à voir des types comme ça en chair et en os, ça me persuade qu’ils ne sont pas seulement des petits bonshommes animés sur Youtube. Comme d’habitude, lorsque je souriais béatement à l’idée de monter voir le concert, Dan Boeckner a croisé mon regard (de ses beaux yeux verts) et j’avais un air très con, à ce moment précis.
Les deux sont très connectés et sont vraiment fascinants à voir sur scène, ils sont presque possédés, Alexei à la table de mix et Dan à la guitare. Ils sont également très communicatifs, Dan avouant même qu’il n’avait pas eu le temps de se doucher avant de venir et après avoir bravé les éléments pour arriver à Montréal (entre tempêtes et pannes de train), les deux s’amusant à placer des fuckings un peu partout pour pourrir le futur podcast apple du concert (c’était mignon) et surtout, nous offrir 4 ou 5 nouvelles chansons, qui étaient beaucoup plus « dance » que ce qu’ils ont l’habitude de faire, mais toujours avec cette énergie brute rock. Ils ne m’ont pas non plus fait l’affront de ne pas jour « All we want baby… » et c’était un vrai moment de pur bonheur Les 50 minutes sont passées si vite que je ne rêve que d’une chose : les revoir dans leur élément, un club enfumé qui pue l’homme!

La Grande Sophie aux Francofolies

Vous ne saviez pas que j’avais un concert aujourd’hui ? Moi non plus. En ce moment, Montréal est un chantier au niveau de la Place des Arts, déjà parce qu’il y a un chantier (un vrai) mais aussi et surtout parce que c’est sur la rue Ste Catherine que se trouvent bon nombre des scènes en plein air du Festival des Francofolies. La chanson francophone n’étant pas forcément notre truc, nous accueillions avec enthousiasme ce festival, plutôt pour l’animation qu’il donne à la ville, plus que par les concerts que nous allions y voir (c’est à dire aucun.) Et pourtant, après une agréable petite balade au Vieux Port, l’idée nous a pris d’aller acheter des chaussettes. Nous ne sommes pas connus pour avoir une chance légendaire, mais cette fois-ci elle était avec nous! En passant près d’une tente qui ne payait pas de mine, nous sommes tombés sur les sounds-checks d’une voix qui nous semblait bien familière. En y regardant de plus près… Oui, oui, c’est La Grande Sophie! En concert dans une demi-heure, mais personne dans les parages. Après vérification, c’est pourtant gratuit! (car… c’est la tente « Pepsi », comme je vous le prouverai sur les photos un peu plus tard)

Nous l’avions déjà vu au Transbo il y a quelques années et on avait passé un super moment, La Grande Sophie est une boule d’énergie et c’était vraiment un excellent concert… Et quelles jambes, mazette!
Le public étant très familial à 5h de l’aprèm, il n’y avait bien-sûr que des places assises. Un concert assis… Sans sauter… Bon, il faut bien innover. Au bout de quelques morceaux, des gamines de 3 ans commencent à danser devant nous dans la « fosse ». J’m’en vais te pogoter tout ça, moi!

 Une chaleur tropicale sous la tente… Pepsi. C’est de toute beauté, hein? Il y avait Ford aussi.



Ce set acoustique était vraiment très chouette, incluant les classiques (Martin, Du courage…) ainsi qu’une reprise de Barbara, que La Grande Sophie était vraiment très émue d’interpréter… Et comme la dernière fois où elle avait fait un slam dans le public, elle n’a pas pu s’empêcher encore une fois de se rapprocher de nous. Bon, elle a pas franchement pu slamer, mais elle s’est adressée à moi (ainsi qu’au reste de public) pour entonner un de ses refrains, qu’elle repétait depuis 10 fois, et que je n’avais toujours pas retenu. La mémoire immédiate, c’est un peu ma faiblesse… La honte. Je pense qu’elle ne m’en veut pas trop, cependant.
En tous les cas, cette rencontre imprévue était vraiment chouette… On ne sait jamais ce qu’il peut nous arriver en nous promenant dans la rue, à Montréal!

Elle a des jambes… et je le prouve!

Arcade Fire au Parking de la Place Longueuil, acte 3

Le titre de cet article vous semble bien moins glamour que celui des deux précédents? C’est normal. Hier soir avait lieu un concert qui était sensé rester secret jusqu’au soir, mais heureusement ou malheureusement (tout dépend du point de vue), il y a eu des fuites, et nous nous préparions depuis deux jours à aller en banlieue. Oui, en banlieue! On commence à être familiers des lieux, Longueuil étant presque devenu notre deuxième maison (c’est le point de départ vers différentes destinations, en fait, et ces temps-ci, on destinationne beaucoup). Oui, oui, destinationne. Je pense avoir dormi 18 heures en trois nuits, ce qui semble être un rythme normal pour certains, mais franchement pas pour un panda. En comptant les journées particulièrement fatigantes et stressantes du boulot, c’était le pompon. Heureusement que j’avais un défouloir tous les soirs… Là du coup je me sens nue. Que va t-on faire ce soir? Regarder un épisode des Simpsons? Passer l’aspirateur? Manger un couscous? On dirait que c’est bien parti pour tout un tas de choses palpitantes…
Trois concerts en trois soirs, et qui plus est pas des concerts de Frédéric François, c’est quand-même pas mal. A quand le trio Berlin/Munich/Vienne?

Pour en revenir au concert, il était assez étonnant. Le parking était situé entre un périphérique et un centre commercial, un vrai bon parking d’une vraie bonne banlieue américaine. Il n’y avait pas meilleur décor pour entendre résonner les nouvelles chansons, et Suburbs sonnait particulièrement bien ce soir. Après un faux départ (le piano de Win s’est éteint après quelques notes), ce dernier a sorti un bon gros « Hi! We’re Malajube ». Je suis tellement heureuse de voir que je ne suis pas la seule à les « aimer » autant, c’était vraiment, vraiment drôle. Il a ensuite blablaté sur le fait qu’ils ne s’attendaient pas à ça, qu’il y avait même des toilettes chimiques alors que celles de l’IGA à côté étaient pourtant « awesome »! Ah, Win, ça fait du bien de te voir de retour…

Outre le fait que l’album-concept traite des banlieues, pourquoi Longueuil? On a eu la réponse hier soir : « I think you all wonder why we picked this place, why Longueuil? Because Régine grew up here, a few blocks from here, that was her favorite mall, she’s like Jenny from the block ». Hop, c’est fait!

Je reviens un peu en arrière : après avoir pu assisté aux soundchecks (très sympa, d’ailleurs), nous avons du piquer un petit sprint pour nous retrouver encore au premier rang, encore juste devant Tim. Le regard de ce dernier nous voyant encore à la même place était d’ailleurs vraiment drôle… Je ne parlerai pas à nouveau des chansons mais plutôt de la surprise du groupe voyant autant de monde devant eux (les organisateurs disent 8 000 à 10 000 personnes alors que 1 200 étaient attendues, mais je penche plutôt pour la moitié, environ 5 000 personnes). Le public était composé d’un bon nombre de suburbans : des ados étant venus directement des lycées alentour après leurs cours, des familles avec des petits (j’ai du passer le concert avec une gamine de 10 ans sous le bras, essayant de ne pas trop lui broyer les orteils), et même des papis et mamis qui avaient posé leur chaise pliante au fond du parking. Je pense que c’était exactement ce qu’ils voulaient, et ils avaient l’air ravis.
Il y avait bien-sûr une clique de montréalais « hipsters » qui n’avaient d’ailleurs jamais quitté le Mile End ou le Quartier Latin, j’en suis sûre, au vue de leurs réflexions.

Don’t mess with Win.
Je passe rapidement sur l’histoire du nouveau roadie désastreux, que nous avions déjà remarqué les soirs précédents et qui a failli se faire tuer (littéralement) par Win : le type est nonchalant, reste 2 minutes sur scène après le début de la chanson, a même enlevé une guitare à Win alors qu’il était en train de jouer, a couru après Tim qui jouait Wake Up pour brancher son jack (alors que ce dernier lui donnait des coups de coude d’agacement et des « I don’t care! »), et le roadie-boulet comme nous l’appellerons a même failli se prendre le tabouret de Win dans la gueule, tellement les yeux de ce dernier lui lançait des éclairs.

Ce concert en plein air sentait l’été, et merci au groupe d’avoir eu encore une fois une excellente idée. Pour citer la Montreal Gazette de ce matin : « It was free, in terms of both finance and spirit – a wild idea that turned into a wager won. The Fire still burns. »

Arcade Fire au Théâtre Granada de Sherbrooke, acte 2

Comme prévu, le trajet de bus était bien looooong pour arriver dans cette magnifique ville de Sherbrooke (ironie, quand tu nous tiens) et nous sommes déjà bien fatigués après une journée de boulot. Comme prévu aussi, l’ambiance du second soir est beaucoup plus relax : pas de file d’attente pour rentrer dans la salle alors que nous arrivons bien plus tard que la veille. La salle est encore à moitié vide, ce qui nous suffit pour nous glisser encore une fois au premier rang, un peu plus au centre, du côté chevelu de Win. (pour ceux qui ont suivi la petite blague…)
Après une heure de reggae en fond sonore (quelle chance, quelle joie), le directeur du théâtre annonce enfin l’entrée imminente du groupe sur scène.
C’est Ready to Start qui entame la danse, ce qui me semble être un choix bien plus judicieux que le The Suburbs de la veille mais bon après tout, un concert de chauffe ça sert aussi à faire les mauvais choix… Bref, je m’éparpille déjà, mais j’avoue que ma nuit de 5h doit y être pour quelque chose. La batterie de la chanson annonce le ton : très sèche, très rythmée, comme j’ai l’impression que cela va être beaucoup le cas dans l’album… En bref, il n’y a pas meilleure chanson pour… commencer, ça tombe bien. 

Month of May prend la relève pour continuer à bien chauffer le public, contrairement au concert de la veille où le début du concert était finalement le ventre mou. Je n’avais pas aimé l’interprétation de Month of May hier mais je crois qu’ils commencent à vraiment la maîtriser, et prendre plus de plaisir à la jouer. Même si… elle est toujours un peu torchée à mon goût, elle mériterait encore plus de travail et même si l’énergie brute, surtout celle de Win, est incroyable sur cette chanson, ça ne m’a pas suffit. Je dis ça avec un peu de recul mais hier faut bien avouer que je secouais les cheveux comme les plus grands métalleux. Je tiens à le souligner, mais je crois que je n’avais jamais vu Tim sauter et sourire comme ça!
Les classiques reviennent : Arcade Fire entreprend de nous tuer en enchaînant avec No Cars Go, chanson qui compte beaucoup en live pour moi puisque c’est en quelque sorte l’hymne d’un endroit où je passe beaucoup de temps… J’ai vécu beaucoup de No Cars Go à ce jour mais celui là avait quelque chose de plus, il était plus énervé, plus rock, plus violent. Cette chanson évoque pour moi l’énergie du désespoir, et on était en plein dedans hier soir. Will commence à s’agiter peu à peu, Win devient également une boule de nerfs. Je l’ai rarement vu comme ça.
Et là se passe quelque chose d’extraordinaire quand les premières notes d’Haïti retentissent dans la salle. Régine prend le micro pour cette chanson finalement traditionnelle en concert mais ce soir, non, ce soir il y avait quelque chose en plus. Win était vraiment très ému, mais aussi violent, dans un sens. Régine a étrangement dédié la chanson à l’île… Je pense qu’ils sont encore très touchés par les récents évènements qui ont eu lieu là bas il y a quelques mois. C’était un Haïti désespéré, difficile, Win tourne le dos au public pendant quelques moments et menace encore d’éclater sa guitare contre le sol. Il s’est passé quelque chose de spécial pendant Haïti hier, même si je n’arrive pas tout à fait à mettre le doigt dessus. Tout le monde commence à suer sérieusement, sur scène et dans la fosse et j’avoue ne jamais avoir vu bouger une salle comme ça au Canada. 
Je n’arrive pas à croire qu’ils osent enchaîner avec Rococo. A ce stade là du concert, tout le monde était déjà mort, et ils enchaînent avec ce qui est en train de devenir un nouvel hymne ArcadeFiresque. J’avais déjà eu un énorme coup de cœur la veille, enfin disons que j’avais les yeux écarquillés et j’étais incrédule qu’ils étaient capables de sortir une chanson comme ça. Je ne comprends pas comment c’est possible, et je suis toujours autant étonnée par eux. Bref, Rococo est incroyable. Je ne sais que dire d’autre, elle rentre parfaitement dans cet album-concept ayant pour thème les banlieues américaines. Avec Rococo, on est plongés en plein cœur de l’Amérique de Win, avec qui il a une relation ambigüe, la chanson me semble tellement pleine d’énergie brute, et encore cette espoir/désespoir qui revient. Richard, dépouillé de sa contrebasse pendant cette tournée, revient à la batterie au milieu de la chanson, rendant le son encore plus lourd et dense. Rococo est une chanson qui me hante, j’ai l’impression d’entendre ses chœurs toute la journée…
Il me semble que nous n’avions pas eu l’immense chance d’entendre City with no Children la veille, et c’est bien dommage! Dans un registre beaucoup plus léger et accessible, dirais-je, qui me fait penser à du rock plus classique à la Springsteen. La chanson est encore une fois très évocatrice de l’urbanité. Ce mot existe ou pas? Je pense au Texas en l’écoutant. Scored.
Inutile de présenter Tunnels, je pense. En un mot : épique. Même plus épique que d’habitude. Même mille fois plus épique que d’habitude. Où suis-je?
The Suburbs suit. L’ambiance redescend un peu pour moi et ça me permet de souffler un peu. Je dois admettre que même en n’appréciant pas tellement la chanson, elle était particulièrement réussie hier, et la voix de Win était vraiment au top. Je pense aussi qu’elle va beaucoup mûrir…
Suburban War juste ensuite. Je vois cette chanson un peu comme le pendant maléfique (!!) de The Suburbs. Suburbs est le jour, Suburban War est la nuit. Les paroles me semblent magnifiques. La chanson ne commence véritablement qu’au bout de 2 minutes, disons qu’elle change de visage pour devenir moins classique, plus intense…
Ça suffit, après les berceuses, on revient au rythme! We used to wait et son duo piano/batterie entêtant. Je ne crois pas me tromper en disant que c’est pendant cette chanson que Win est au piano, et qu’encore une fois il a balancé son tabouret à la fin… Je pense que celle ci va rapidement être une de mes préférées. Je ne sais pas de quoi elle parle, mais elle m’évoque la rébellion… « ouuuuuh used to wait… ouuuuuh used to wait… »
Les parents de Win et Will étaient dans la salle et nous avons pu croiser le papa : un grand (immense, remarque.. on aurait pu s’en douter) type avec de longs cheveux blancs. Très marrant…
La foule devient folle et Win nous lance son habituel « Are you guys comfortable out there? Let me know if you need something! » railleur. Le balcon se lève quand-même un peu mais la fosse est vraiment en furie, et ça fait vraiment plaisir… Je ne touche plus le sol jusqu’à la fin du concert (quoique ça devait déjà être le cas depuis Haïti…). J’ai omis de dire que nous étions en plein Power Out, et que comme la veille, et que comme très souvent, Win oublie les paroles et se fait emmerder par Régine à côté qui se moque de lui en lui les soufflant dans l’oreille… Je n’ai jamais vu Win aussi détendu, aussi souriant, aussi fou. Il a déjà très envie de sauter dans le public, il se rapproche de nous, se lance puis se retient. Les vigiles commencent à flipper un peu… Tim recommence à sauter (!!!), Sarah et Marika sont radieuses et dansent comme des folles. Génial.
Je ne pensais pas qu’ils referaient jamais la transition avec Rebellion. Je ne m’en lasserais jamais, jamais, jamais. C’était absolument magique, mais encore plus que d’habitude (je sais que je l’ai déjà dit mais faut que ça rentre!); l’ambiance est dans la même lignée, tout le monde criant les « Lies, Lies! ». Win se rapproche encore du bord… J’ai l’impression que la chanson a duré 10 minutes mais c’est bon, je recommence à avoir mon endurance habituelle, contrairement à la veille où la reprise sportive avait été un peu difficile.
Très surprise de revoir Intervention, d’autant plus qu’elle avait été loupée hier. Pourtant, c’est une version toute nouvelle qui nous vient, toute fraîche, toute épurée, et elle avait tout à fait sa place dans ce set. Intervention, c’est aussi comme un vieux pote qu’on aime toujours revoir…
Ca commence à sentir la fin de concert et c’est encore une nouvelle chanson, Modern Man qui résonne dans le théâtre très… rococo de Sherbrooke. Encore une belle mélodie et sûrement dans mon Top3…
Je ne me rappelle plus quand était le premier rappel mais ce Keep the car Running était franchement le meilleur de ma vie (c’est pour rester dans le thème épique). Je ne sais pas quoi dire. Win, cette fois s’est lancé dans le public, à quelques mètres de nous, pour s’enfuir par l’arrière. Tout le monde le cherche pendant 10 minutes, le groupe sort et rentre sur scène, Régine le cherche du regard et lui lance un très mignon « Mais Win, où es-tu, on l’a perdu! ». Il retrouve finalement le chemin de la scène, avec des vigiles encore un peu paniqués pour entamer le Wake Up qui nous tue tous, branché cette fois-ci, et toujours avec le théâtre entier qui chante comme pas possible, le sol en tremblait…

En résumé, c’était un concert exceptionnel, vous l’avez compris avec tout mon vocabulaire laudatif, mais je ne pensais sincèrement pas que n’importe quel concert au monde pourrait être meilleur que celui de Munich en novembre 2007, et pourtant. On a encore atteint un autre niveau d’interprétation, j’ai rarement vu le groupe d’aussi bonne humeur, et surtout aussi fort. J’avais eu une drôle d’impression la veille, mais cette fois j’ai surtout l’impression de les avoir retrouvé, encore plus parfait que là où je les ai laissé il y a 3 ans. J’ai un petit pincement au cœur, cependant… Je crois qu’à présent ils sont vraiment devenus grands, je ne dis pas qu’ils vont faire des stades un jour, mais je ne suis pas sûre de les revoir un jour dans une salle aussi petite. Continuons d’espérer…

Arcade Fire au Théâtre Granada de Sherbrooke, acte 1

Je profite de quelques instants de répit au bureau, avant de repartir pour un long voyage de bus à Sherbrooke, pour voir le deuxième « warm up show » d’Arcade Fire.
Vous savez tous que nous ne comptons pas les kilomètres pour voir le groupe, donc qu’ils jouent autant de concerts si près de chez nous (enfin… c’est toujours à 2h de route, voire plus), c’était une aubaine. Et quand il s’agit des premiers concerts officiels et publics depuis la fin du Neon Bible Tour, plus de 2 ans et demi après, et bien… C’était évident qu’on ne pouvait pas louper ça. Et si je dois en rajouter encore : on a pu entendre en exclusivité les morceaux du nouvel album, qui sort le 2 août.
Après avoir entendu les deux singles « Suburbs » et « Month of May », mes sentiments étaient mitigés. Neon Bible étant un de mes albums préférés de tous les temps, si ce n’est mon album préféré de tous les temps, et après 5 concerts du Neon Bible Tour, le tournant était difficile pour moi. Et comme prévu, j’ai été très surprise, ce qui n’est pas un mal : c’est pas grave si je n’aime pas, du moment où je suis surprise. Même si je n’aime toujours pas Suburbs, Month of May va vraiment devenir un hymne…
Le concert avait lieu dans une salle kitchissime, où j’avais l’impression qu’ils n’avaient pas l’habitude d’accueillir des groupes de rock (en témoigne la musique d’ascenseur pendant l’attente, qui rendait la foule apathique.)
Même si nous arrivons très tard sur les lieux, aux alentours de 19h, et malgré la file de 100m, nous arrivons à nous placer au premier rang, comme d’habitude, côté Richard, qui est à présent celui de Win!
Après une attente beaucoup trop longue pour moi, ils entrent enfin sur scène et j’ai du mal à croire que Win est à 1m de moi, c’était comme voir à nouveau une bande de potes, comme si ces 3 ans d’attente depuis la sortie de Neon Bible n’avaient été finalement pas si longs que ça. Suburbs ouvre le concert, je trouve la chanson plutôt laborieuse et longue, même si Win est toujours aussi impressionnant au piano.
Le thème des Suburbs est déjà bien présent sur scène : Richard est vêtu d’une combinaison de mécano, Win dans le même thème avec sa superbe nouvelle coiffure, un mélange de coiffure iroquoise et redneck, rasé d’un côté, long de l’autre. La chose la plus surprenante, c’est que Jeremy et Sarah l’ont suivi dans ses délires capillaires!
Le groupe est extrêmement souriant et ému d’être ici, surtout Régine et Win qui n’en peuvent plus de sourire et de regarder le public. Je ne peux pas raconter le concert de façon linéaire, même si Ben a récupéré la setlist, donc je vais écrire mes impressions en désordre…
Première chose surprenante : les deux kits de batterie, même si c’est très courant en ce moment, ça ne l’est assurément pas pour Arcade Fire. Régine et Jeremy battent donc ensemble pendant 2 ou 3 chansons, ce qui rajoute un son plus dense aux nouvelles chansons.
Je n’ai pas réussi à être vraiment marquée par les nouvelles chansons de l’album de la première partie du concert, en revanche, dès Rococo (prononcer « Wococow ») j’ai été scotchée. Cette chanson m’a paru incroyable, ses changements de rythme au milieu du morceau, quand Richard passe du clavier à la batterie (!!!), quand Win s’énerve de plus en plus avec sa guitare accoustique dont les cordes cassent une à une, quand le son devient de plus en plus dense… J’étais tellement immergée dans la chanson qu’elle m’a paru incroyable. C’est la seule qui m’a fait une si grosse impression, et je meure d’envie de l’écouter sur l’album…

Le son d’Arcade Fire est vraiment très différent des premiers albums, même si Suburbs augurait un son plutôt semblable à celui de l’EP, plus flottant, ce n’est pas du tout le cas. Ils semblaient énervés, pas dans le sens de « agacés » mais les nouvelles chansons ont un son plus brut, l’engagement de Win est encore plus flagrant. Là où Neon Bible était un album personnel, mais tourné vers le monde, finalement tourné vers une petite échelle, The Suburbs sera à mon avis un album très personnel, tourné autour d’une communauté, autour d’un son très « roots », et peut-être encore plus personnel.
Ce n’est bien sûr qu’une interprétation, qui changera sûrement un de ces 4, mais ce que j’ai entendu m’a bien plu, mais m’a aussi fait peur. Peur qu’Arcade Fire tombe finalement dans une musique plus banale et trop simple. J’imagine que seul l’avenir nous le dira… Je ne dirais pas que les nouvelles chansons sont plus « rock », je dirais juste qu’elles sont plus simples.

Le public était bon, un peu agité (nous étions au premier rang donc ça aide), mais ça reste toujours un public nord-américain donc nous pouvions respirer… Le son l’était un peu moins par contre, à tel point que nous n’avons rien pu entendre de la chanson de Régine, chantée conjointement avec Win. Les violons n’étaient pas non plus mis en valeur (quel bonheur de voir que Marika fait encore partie du groupe!) ainsi que les guitares, nous entendions souvent une sorte de bouillie : dommage.

En tout cas, le groupe était vraiment heureux d’être sur scène, Sarah dansait comme une folle, et Tim bin… il était Tim, comme d’habitude.
Je pense que ce soir je pourrais mieux apprécier les nouveaux morceaux, l’excitation de la découverte étant un peu passé!

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