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Archives de la catégorie ‘Etats d’âme’

Mon Amérique du Nord en livres

Je relisais mon « Profil » du blog pour me remémorer quelles bêtises j’avais bien pu dire, et en fait, ça a fait germer une petite idée d’article ! Je me demandais récemment quels livres m’avaient « forgée » telle que je suis aujourd’hui. Enfant, je lisais beaucoup, à tel point que lorsque j’allais à la bibliothèque le Mercredi matin, la plupart des bouquins empruntés rejoignaient la pile des « déjà lus » le Mercredi soir. Évidemment, ça me paraissait logique qu’arrivée au Lycée, je ne pouvais pas faire autre chose qu’un bac littéraire. En revanche, à l’Université, je me suis orientée vers des études plus scientifiques… de Géographie cette fois-ci. Je pense que ce n’est pas un hasard du tout, et que la plupart de mes passions ont pris racine très jeune… D’où cette petite liste chronologique, qui va chercher loin dans ma mémoire, des bouquins qui m’ont donné cette passion (le premier qui dit « obsession » aura affaire à moi) pour l’Amérique du Nord… C’est fou comme tout s’imbrique et je ne m’en rends compte que maintenant !

1. En CP, je lisais déjà beaucoup, et je savais déjà lire, d’ailleurs. Le premier livre de lecture qui a été proposé en classe, un « livre de grands » avec des vraies pages en papier, c’était « Rob Rocky, l’Homme des Rocheuses » (notez son nom absolument ridicule). Je ne me rappelle que vaguement de l’histoire : un convoi de pionniers traverse l’Ouest Américain pour trouver la terre promise, mais leur oncle est tué par des indiens et donc les enfants doivent prendre le convoi en main en faisant attention de ne pas se faire attaquer par la grande gachette de l’Ouest, Rob Rocky… En fait je m’en souviens mieux que prévu ! Et le voici, le tout premier livre qui m’a fait découvrir les États-Unis ! Bon, ok, c’est une histoire simpliste voire un peu raciste avec l’histoire des Indiens, mais bon, niveau esprit critique, en CP, c’était pas tout à fait ça.

2. Ce bouquin là n’est pas franchement un roman mais c’était le plus épais et le plus volumineux de la bibliothèque de mes parents, donc forcément, je cassais mes bras de moineau (qui sont toujours aussi musclés, 15 ans après) pour le sortir de l’étagère et le parcourir. Je n’y comprenais pas grand chose mais je trouvais que les cartes étaient vraiment très belles. J’essayais de retenir la forme des pays mais j’évitais toujours le chapitre sur l’Asie : trop de petits pays, et puis c’était vraiment trop compliqué (bin oui, l’Atlas datait de bien avant la décolonisation, alors si en plus il faut apprendre des noms de pays qui n’existent pas…) J’étais en tout cas admirative devant ces beaux noms californiens « San Francisco, Monterey, Sausalito… »

3. Je peux enfin vous présenter un de mes livres préférés, toujours aujourd’hui, et un œuvre largement sous-estimée, en France où elle est méconnue, tout au moins. Il s’agit de la saga « The Lives and Times of Scrooge McDuck » par Keno Don Rosa, autrement dite « La Jeunesse de Picsou ». Elle a paru pour la première fois en France dans les Picsou Magazine et n’a pas cessé de paraître depuis. L’histoire de Scrooge est vraiment fascinante et bien loin des histoires gnan-gnans à la Disney. Don Rosa a accepté la mission formidable de creuser encore plus la mythologie autour de Scrooge, mythologie déjà créée par l’esprit fertile de Carl Barks. En résulte une saga formidable, précise dont la richesse du dessin est incroyable. Drôle, émouvante, juste… On suit Scrooge tout autour du monde, de son Écosse natale jusqu’au Mississippi, à la Vallée de l’Agonie Blanche dans le Yukon, en Afrique du Sud, en Indonésie, en Australie… Les épisodes les plus marquants pour moi sont évidemment les nord-américains car la retranscription historique de la ruée vers l’or est absolument parfaite à mon goût. J’ai tout appris grâce à Picsou, et c’est lui qui m’a donné envie de voir ça de mes propres yeux. Ca peut paraître ridicule d’avoir Picsou pour référent, mais c’est normal, quand on n’a pas lu The Lives and Times… Lisez les, et vous verrez !

4. Peu après, est arrivé Stephen King. J’empruntais les livres à mon beau-frère, qui en faisait la collection. Pour une raison que je ne m’explique pas, mon premier livre de lui était « Pet Sematary » (Simetière) comme pour beaucoup de monde ! Il garde une place spéciale dans mon cœur, même si c’est loin d’être mon préféré. Et là je découvrais quelque chose qui m’était totalement inconnu : le Maine. Un pays brumeux, avec beaucoup de forêts sombres, des lacs profonds, des cabanes au fond des bois, cette ville de Bangor qui est presque le seul îlot de civilisation… Stephen King n’a pas son pareil pour décrire ce magnifique endroit, que je découvre pour la première fois en 2008. C’est mon tout premier voyage aux États-Unis et j’ai été tellement émue de voir de mes propres yeux à quel point Stephen King avait réussi, une fois de plus, à retranscrire si parfaitement et surtout si fidèlement le lieu dans lequel se passe tous ses romans. A la différence qu’évidemment… le Maine est aussi mystérieux que paisible…

5. En 4ème, lecture obligatoire en cours de français : « Des Souris et des Hommes » de John Steinbeck. Je crois que c’était mon tout premier grand classique américain. Aujourd’hui, j’avoue que je trouve ça dommage et sans intérêt d’avoir travaillé sur une traduction, mais cette étude m’aura permis de découvrir la grandeur de Steinbeck, et il s’agit d’ailleurs toujours d’un de mes livres préférés. Les couleurs, les odeurs, les lumières… tout est parfait, et d’une sensibilité incroyable. La douleur que j’ai ressenti en lisant le livre, la beauté des mots. Je rêve souvent de la vallée où se trouve la ferme et des plaines désertiques californiennes pendant la grande crise…

6. Bien plus tard, après avoir découvert un peu Steinbeck, j’ai ouvert la porte à l’autre auteur classique : William Faulkner. C’est un tout autre univers qui s’est ouvert à moi, celui de l’humidité du climat du Mississippi, du poids de la chaleur mais aussi de celui de l’Histoire du Sud, lié à l’esclavage, à la guerre de sécession, à la religion… Ce livre m’a causé beaucoup de fil à retordre, tant sa lecture peut être fastidieuse à certains moments (Faulkner n’est pas le plus facile à lire…) mais je dois absolument le relire bientôt, pour avoir un œil nouveau et peut-être un peu plus mature. Ce livre est d’une beauté absolue.

7. Encore au collège, je me souviens m’être ennuyée énormément et avoir pris au hasard un bouquin dans la bibliothèque de mes parents. Il s’agissait de « Fille du Destin », d’Isabel Allende, auteure que je découvrais pour la toute première fois, et que j’aime toujours beaucoup, non pas parce qu’elle est particulièrement brillante, mais parce que c’est une très grande narratrice. Et aussi, parce qu’elle est un peu féministe sur les bords… Fille du Destin nous raconte l’histoire d’une jeune femme, chilienne, qui quitte son pays pour se retrouver, un peu par hasard, en Californie, pendant la ruée vers l’or. C’est une des seules femmes pionnières et elle arrive à survivre dans un environnement brutal.

8. Alors celui ci, je viens tout juste de m’en rappeler, à croire que je voulais vraiment l’oublier !!! Mais cher lecteur, je ne te mentirai pas. Ainsi, je suis obligée de l’évoquer. Encore une fois tiré de la fameuse bibliothèque de mes parents, voici « Tonnerre sur la Cité Perdue », un roman qui n’est sans doute pas très bon, mais vraiment super divertissant. (donc finalement, c’est qu’il doit être bon). Un roman policier mené par une jeune archéologue qui finit par se retrouver au fin fond des canyons de l’Utah (tiens, tiens…) pour découvrir une cité indienne Anasazi… perdue. Je vous rassure, elle finit par trouver la Cité, ses mystères et son lot d’assassinats… Ma première découverte des paysages de l’Utah !

9. Au Lycée, j’étais dans une période « grands auteurs français », c’est pour ça que je ne me souviens de ne rien avoir lu d’américain ! Je passe directement à l’Université, où j’ai entamé de nombreux romans de flibustiers (mais je ne suis pas sûre qu’on puisse considérer les Caraïbes comme en Amérique du Nord, donc je laisse tomber). En revanche, j’ai entamé le trèèèèès long « Journal de Lewis et Clark » en deux volumes colossaux. C’est une collection des différents journaux des membres d’une des plus grandes expéditions, commanditée par Thomas Jefferson lui-même, et dont le but était de découvrir et cartographier les terres hostiles et inconnues de l’Ouest. Les dangers sont nombreux, entre les attaques d’ours, d’indiens, les périls du Missouri, les maladies, les blessures… Beaucoup de membres du voyage n’en reviendront pas. Lewis lui-même deviendra à moitié fou quelques années après « Le Grand Retour » et ces 2 années de voyage. J’ai découvert tellement de choses à travers ce récit… Les relations extrêmement complexes avec les indiens, mais aussi les trappeurs français, bref, la géopolitique de l’époque, si on peut appeler ça comme ça…

Cela fait 9 livres qui m’ont forgée telle que je suis, mais je ne compte pas m’arrêter là, puisqu’il y a quelques mois, j’ai proclamé cette année comme mon année américaine, où je dois m’efforcer de rattraper mon retard dans la lecture des plus grands classiques américains, mais aussi dans ma connaissance du monde mormon… (mais peut-être que le quota est déjà atteint, je me suis enfilé deux livres historiques à ce sujet !) Nous verrons en fin d’année pour le bilan…

Le printemps est là

C’est comme une évidence, j’ai le nez qui me démange, il fait un grand ciel bleu, il fait très froid le matin et très doux l’après-midi. Il n’y a aucun doute : le printemps est là. L’hiver a été très long. J’ai l’impression de ne pas être passée par la case « automne » en rentrant d’Amérique du Nord. Ça fait du bien de se réchauffer sur les marches des berges du Rhône, en voyant la Basilique de Fourvière perchée là haut, derrière un voile de brume. J’écoute « Deep Blue » d’Arcade Fire et repense à nos marches le long du Boulevard St Joseph avant de trouver la quiétude du Jardin Botanique. J’ai l’esprit bien ici, mais j’ai aussi l’esprit ailleurs.

10 choses sans lesquelles je ne peux pas voyager

Mes compagnons de voyage le savent : je voyage léger. Généralement, une robe, une brosse à dent, deux culottes et deux tee-shirts et c’est bon, je tasse le tout dans mon sac et c’est parti. Je ne parle même pas de week-ends à Paris ou à Londres (où là, la liste est encore plus réduite) mais de vrais grands voyages, par exemple comme nos précédents en Utah, et le prochain à venir sur la route. Bon ok, j’exagère peut-être un peu, pour trois mois de voyage, le sac à dos risque d’être un peu plus lourd ! Quelles sont les 10 choses que je prend à tous les coups quand je voyage dans ces endroits magnifiques ? (je suis sûre que si je partais en Laponie, la liste ne serait pas franchement la même…)

1. Sans Birkenstock, point de salut. Après avoir marché toute la journée avec des chaussures de marche (qui sont humides et puantes le soir), mes petits pieds respirent rien qu’à l’idée de retrouver mes chaussures préférées, mes Birkenstock à semelles molles, avec lesquelles je peux faire des dizaines de kilomètres sans avoir mal ni aux pieds, ni au dos (ce qui est très rare chez moi). Le plus dur, c’est de devoir me passer de mes chers vernis bleu et rouge… (bin oui, ça fait pas très warrior, sinon)

2. Encore un peu de pub pour la jeunesse branchée (ou les vampires). Mes Wayfarer sont mes meilleures compagnons de jeu depuis une grosse année. Bien couvrantes, elles me font voir la vie en rouge. Il fait toujours plus beau quand je les mets qu’en vrai. Ne vous avisez pas de me les piquer, elles sont à ma vue. A ma vue de taupe.

3. Avoir un teint de rousse, c’est joli, mais seulement en hiver. Le reste du temps, ça me donne envie de pleurer, même avec un écran total indice 10 000. Bouh.

4. Mon carnet de voyage Moleskine tout pourri, sur lequel j’écris les événements de la journée, les adresses des heureux destinataires de cartes postales, où je colle des choses, où je calcule… C’est toujours un plaisir à relire quelques années après…

5. Un aspi-venin. Même petite, ma mère me suivait toujours avec. Je suis très allergique aux piqûres de guêpes (je ne fais heureusement pas d’œdème de quink pour ça) et évidemment, je me fais piquer à peu près toutes les semaines en été. Et puis qui sait, il y a peut-être de redoutables serpents à sonnette qui traînent dans le coin ?

6. Les guêpes m’aiment, mais pas autant que les moustiques. Je dois avoir une peau sucrée ou qui sent fort, je ne sais pas. Pendant l’été montréalais, j’avais même été handicapée pendant plusieurs jours à cause de ma jambe qui avait doublé de volume. Sales bêtes. Seul le répulsif canadien, interdit à la commercialisation en Europe (car il contient des saloperies ignobles) arrive à les éloigner un peu.

7. Il est évidemment un peu cliché de dire « mon iPod« , d’autant plus que je déteste ce petit appareil. Et pourtant… il n’est toujours pas cassé donc je le trimballe toujours avec moi. La musique fait autant partie du voyage que les senteurs, les paysages, les bruits de la nature…

8. Une carte. Des tonnes de cartes. Je ne peux pas voyager sans cartes, je me sens nue sans elles. Ma dépendance à la géographie, peut-être ? Ou alors ça vient d’un traumatisme lié à des années de tortures en salle de cartographie ? (un peu comme un syndrome de Stockholm…)

9. Mes appareils photos, deux ou trois, selon ce que je peux emprunter. Mon reflex Canon et ses deux objectifs (50 mm et 14 mm) et mon instantané Fujifilm, avec un tas de cartes SD et de films !


10. Mon shampoing solide Lush. Je pense que c’est le seul produit de soin que j’aurais besoin d’apporter avec moi si nécessaire. Il lave tout. Il passe dans la cabine d’avion avec moi. Il dure 6 mois. Il ne fond pas. Il ne coule pas. Que demande le peuple ?

Mes bonnes résolutions

 Toujours avec deux semaines de retard, comme d’habitude, je décide de reprendre un peu le blog en main pour dire des bêtises… comme d’habitude. Faute de temps et d’inspiration, il a été un petit peu laissé à l’abandon, mais ces bonnes résolutions vont me permettre de moins laisser le blog dans son coin… Pour réussir cette année 2011, je me souhaite de :

– Perdre mes 4 kilos américains
– Mettre à jour le blog plus souvent
– Me mettre enfin sérieusement à mon projet « Mille choses à faire à Lyon » (il y a de la demande, je le vois bien dans mes statistiques de blog !)
– De ce fait, redécouvrir Lyon et découvrir ses moindres recoins
– Devenir riche, accessoirement
– Ne pas préparer le road trip de 2012 avant Septembre de cette année
– Lire plus, enfin… retrouver mon rythme de lecture habituel (1 livre tous les 10 jours)
– Rentabiliser à nouveau ma carte UGC
– Etre moins fainéante
– Être moins sarcastique (ça c’est ce que les gens veulent mais je trouve que la vie est tellement plus fade, sans sarcasmes…)
– Progresser en photographie, je sais que niveau technique je serai toujours une quiche, mais il y a de quoi faire au niveau du cadrage et des sujets, surtout en photo urbaine
– Faire de beaux portraits de mes amis et de ma famille, un autre projet que je souhaite réaliser cet été
– Ne pas m’acheter de chaussures neuves avant l’automne
– Savoir que je me ment en me disant que j’ai besoin de ce nouveau sac
– Ne plus faire les soldes, ne plus aller dans les centres commerciaux et privilégier les petits créateurs sur Dawanda.
– Manger moins de viande
– Se rapprocher d’un 100% bio dans mon frigo
– Arrêter de traiter Lord Byron de groslard
– Découvrir de supers blogs d’expats, de voyageurs…
– Etre admise dans la formation de documentaliste que je convoite et avoir le poste que je convoite à la bibli
– Être encore plus présente avec mes amis et leur souhaiter une très belle année !

Nostalgie

Il y a très exactement 287 jours, nous atterrissions dans la banlieue montréalaise pour faire nos premiers pas sur la neige croustillante québécoise. Deux jours après, nous étions presque prêts à jurer comme les québécois et en avions marre de cette « mârde blanche » qui nous oblige à marcher comme un pingouin dans la rue pour assurer ses arrières. Et pourtant… Même si l’hiver dernier était loin d’être un vrai hiver québécois et que nous sommes presque arrivés au temps de la fonte des neiges, je ne rêve que d’une chose, c’est d’y retourner. Pour enfin profiter d’un hiver canadien, faire des bonshommes de neige, (re)vivre des tempêtes infernales, faire du patin dans les parcs…
Entendre à nouveau les premières notes et les paroles de la chanson The Suburbs il y a quelques jours à la Halle Tony Garnier a été un moment bouleversant pour Ben et moi, et évidemment, ça nous prend toujours pas surprise… Nous avions entendu cette chanson pour la première fois à la sortie de l’hiver montréalais, et elle restera toujours pour moi ancrée à Montréal et à mes souvenirs montréalais. Et là, de retour à Lyon, nous l’entendions pour la dernière fois, en présence du groupe. Ils nous ont accueilli là bas, ils nous laissent ici. C’est la fin d’un cycle. Et j’espère que ce sera pour moi l’occasion de me réadapter à la vie ici, de tourner enfin la page et de passer à autre chose… jusqu’au PVT…

Sometimes I can’t believe it
I’m moving past the feeling again

Un mois d’absence sur le blog ?!

C’est tout bonnement inadmissible ! Mais entre les démarches administratives pour le lancement de mon auto-entreprise, le boulot qui va avec (même si je n’ai pas été à mon optimal productif, je m’en excuse à ma chère cheffe si elle passe par ici), les tournées entre la famille et les amis, la vie quotidienne… Ce n’est pas facile de tout gérer, et il me faut encore plus de temps que prévu pour me remettre de ces mois à l’étranger… Les prochaines semaines ne vont pas être moins animées, entre Madrid, Marseille, Paris et je l’espère Londres, ainsi qu’un entretien d’embauche (si tout se passe bien).
Mais la grande nouvelle… C’est que Benjamin et moi, contre toute attente, sommes devenus les heureux parents d’un petit bonhomme de 80 grammes, couleur crème, et de 12 centimètres. Voilà, à présent nous sommes des grands, des adultes responsables devant élever et éduquer un petit être faible afin qu’il prenne sa place dans ce monde cruel.

Je vous présente donc Lord Byron, Totoro, Win Butler, Alfred, notre petit hamster doré.  Inutile de vous expliquer les raisons de ce prénom, mais je ne peux vous dire qu’une chose : c’est peut-être un long nom pour un si petit animal, mais il accomplira de grandes choses. 
C’est notre tout premier animal de compagnie, à l’un et à l’autre, et vu que nous ne pouvions pas assumer un chat dans un studio, le choix s’est naturellement porté vers cette adorable petite bête, qui nous a déjà adopté!

I guess we’ll just have to adjust

Cela fait 5 jours que j’ai posé le pied en France. Depuis au moins un mois, j’avais très hâte de retourner « chez moi » : beaucoup d’amis s’envolent à leur tour, donc je voulais les voir avant, j’avais hâte de revoir ma ville, Lyon, sous ses beaux habits d’automne, j’ai hâte de finir mes études, de commencer autre chose…
Je ne pensais pas que le départ de Montréal soit aussi difficile, je ne pensais pas non plus pleurer comme une madeleine en voyant les lumières de la ville encadrer le St Laurent, de nuit, au décollage. J’imagine que c’est parce que ces quelques mois m’ont beaucoup marqué, et que c’est évidemment positif, je me suis aussi rendue compte qu’après tout, Montréal était encore plus « en moi » que je ne le pensais.
Pendant ces longs mois, j’ai toujours « défendu » les français contre certains clichés qui ont la vie dure, face à mes collègues québécois qui ne cessaient de me taquiner : oui, on se lave plus d’une fois par mois, non on ne se balade pas toujours avec un st marcellin bien fait au fond de notre sac, oui, on connait les rudiments de la politesse, etc… Et pourtant, en arrivant à Paris, où je faisais ma correspondance, je me suis sentie bousculée, on ne m’a jamais dit pardon, les gens étaient pressants et peu accueillants… J’ai toujours ressenti ça à Paris mais c’était encore plus amplifié cette fois ci, comme si j’avais oublié.
Une sorte de choc culturel à l’envers, quoi… De retour à Lyon, j’ai eu l’impression que la ville avait changée. Je me suis vite rendue compte que non, c’était moi qui avait changé, je ne vois plus les choses du même œil. Ne vous méprenez pas : je porte toujours le même amour inconditionnel pour ma ville mais lors de ma première balade, juste le lendemain de l’atterrissage, je me sentais déphasée, décalée, comme si j’étais dans un pays étranger. Mes sentiments étaient contrastés, ça me rappelle d’ailleurs lorsque j’étais petite et que nous revenions de deux mois « au bled », en Espagne. J’étais si heureuse de retrouver mes jouets que j’étais folle, mais d’un autre côté je me serais bien passé de rentrer à l’école quelques jours après…
Je le savais avant de partir : à partir du moment où on vit ailleurs, qui plus est dans un univers aussi différent que Montréal, on change. J’ai toujours l’impression que Lyon est mon seul chez moi au monde, le seul endroit que j’identifie comme ça. Mais ça n’a jamais été le seul endroit où je peux m’épanouir et où je me sens bien. J’ai l’impression d’être le cul entre deux chaises : je suis heureuse comme jamais d’être rentrée chez moi et d’avoir mille choses à faire, d’aimer toujours autant cet endroit, mais d’un autre côté, j’ai une envie encore plus vivace de repartir, dans quelques mois. Comme si ça allait être comme ça toute ma vie, comme si j’allais avoir besoin de m’envoler tous les deux ans vers de nouveaux horizons, pour mieux retrouver mes racines par la suite.

Au menu : J’ai fini l’école, et je pars vers l’inconnu. C’est effrayant plus qu’excitant pour le moment mais j’essaye déjà de m’en sortir : un petit boulot pour Octobre, un autre pour Janvier, et au milieu de tout ça, je ne vais sûrement pas m’arrêter de voyager. Londres et Madrid sont déjà prévus et surtout, surtout, le prochain grand décollage sera pour 2012…

La folie des concerts

J’avais envie d’écrire ce petit billet d’humeur ici, car récemment il y a pas mal de polémique à ce sujet sur un certain forum que je fréquente.
Je me suis aussi rappelée des diverses réactions que j’avais eu au boulot quand je disais que j’allais voir Arcade Fire plusieurs fois en quelques jours, entre les yeux exorbités et les remarques du genre « t’es vraiment une groupie » ou les rires moqueurs, j’ai été gâtée !
Et pourtant, j’avoue que je suis dubitative face à ces remarques… Je m’explique un peu :
Ces temps-ci, j’hallucine complètement face à certaines personnes qui parcourent littéralement le monde pour voir un certain groupe tous les deux jours : je comprends, après tout, à moindre mesure, je fais la même chose. Ce que je ne comprends pas, en revanche, c’est que pour eux, suivre une tournée, c’est pour se faire plaisir, mais aussi et surtout assouvir un besoin de reconnaissance « oh mon dieu, tu crois qu’il va nous reconnaître, qu’il va nous voir?? ». Dans cette optique là, non, je ne comprends pas. Je vais voir plusieurs fois le même groupe (a priori, Arcade Fire 7 fois cette année, et encore je suis une petite joueuse!) et même si j’ai toujours envie d’en voir plus, je me pose des limites. Qui sont déjà financières, mais aussi pour m’éviter de devenir boulimique. Je suis convaincue que si j’en faisais deux fois plus, j’apprécierais toujours autant, mais là n’est pas la question. Quand on me demande pourquoi je retourne les voir alors que je les ai déjà vus, je réponds toujours qu’après tout, (avec toutes proportions gardées, je ne suis pas complètement folle non plus) : c’est comme un orgasme, ce n’est pas parce que tu en as déjà eu un que tu ne vas plus en vouloir d’autre! C’est toujours la même chose, si on va par là…
Les concerts sont pour moi un endroit où je me libère, où je me sens complètement connectée, que je prends toute l’intensité de ce que le groupe veut me donner, et oui, ça fait du bien. Je paye pour revivre à chaque fois cette intensité, et ça ne me dérange pas de le revivre indéfiniment, surtout qu’avec les groupes en question, le concert n’est JAMAIS le même (contrairement au groupe du Grobono, suivez mon regard.)
En gros, je vais à un concert pour moi, pas parce que j’ai envie que Win Butler me reconnaisse et voit à quel point je suis folle « oh mon dieu j’ai fait 38 concerts de cette tournée! » ni pour me voir sur les photos officielles « oh mon dieu regarde, tatan georgette, j’y étais! ». Le manque de recul, la groupie-tude, presque de la violence, ça, ça m’effraie.
Je profite également de ces concerts pour voyager, enfin je ne sais pas, c’est peut-être l’inverse. Je n’irai jamais dans un endroit qui me fait chier juste parce que le groupe X y passe. Bon, je vous mens un peu, ça m’est arrivé, pour Bell Orchestre à Bruxelles. Mais ça découle d’une loooongue histoire un peu personnelle… c’est un choix que je ne regrette pour rien au monde !
Il m’arrive de choisir mes dates de vacances en fonction (on devait aller à Londres en mars, on savait pas quand, « paf, regarde, un concert de Patrick Wolf« !). Cela fait des années qu’on devait aller à Madrid pour différentes raisons et voir qu’un groupe y passe en Novembre, et bien hop, on se motive, on y va ! Les voyages et la musique sont pour moi totalement indissociables, et on en profite à fond !

Il est sûrement temps de faire le bilan

Et je ne suis pas du tout douée pour ça! Je m’empresserai donc de faire court. Dans 4 jours, on déménage notre appartement et on quitte Montréal, qu’on ne recroisera plus que pour aller à l’aéroport.
Cela fait maintenant 6 mois et demi que nous avions posé nos valises dans la neige et malgré quelques moments difficiles, je peux dire que globalement le temps est passé très vite… On a tous les deux beaucoup travaillé, et c’est avec un soulagement tel que nous quittons Montréal pour partir en vacances, que je ne suis pas du tout triste de partir. Je ne suis donc pas dans les conditions les plus objectives pour regarder en arrière et faire le point.
La fin de l’année va tellement être chargée que je n’aurai sans doute pas le temps de penser à ce temps passé au Québec. Peut-être plus tard… Quand l’envie de partir ailleurs quelques temps sera tellement vive que je ne penserai plus qu’à ça… On a d’ailleurs déjà fixé la date et l’endroit…
Mais j’ai à faire à Lyon, et je brûle d’impatience de retrouver ma ville chérie, mon chez moi où j’ai encore tellement à voir et tellement à faire, d’ailleurs, j’ai pris une bonne résolution de l’automne : à l’image du très populaire site que j’avais déjà présenté « 1000 choses à faire à Londres« , je vais faire les « 1000 choses à faire à Lyon », en me baladant dans les coins populaires et en découvrant les coins moins populaires de ma ville, pour être touriste dans ma propre ville… Et exercer mon œil et mon inspiration photographique! J’espère pouvoir aussi bien retranscrire mon amour pour Lyon que j’ai partagé avec vous mon amour pour Montréal.
Un beau défi qui se lance, parmi tant d’autres!

Maintenant, excusez-moi mais on doit préparer notre valise pour notre camping-trip loin, loin dans l’Ouest… Mountain Lions, beware!

Une question de jours

J-2 : Avant la fin de mon stage, que mes lecteurs fidèles savent tumultueux sur les dernières semaines. Malgré tout, j’ai réussi à me libérer plus tôt que prévu, et j’ai mon entretien de départ demain. J’ai l’impression d’avoir encore mille choses à faire (papiers pour la bourse, peaufinage du rapport final, rangement d’ordinateur là bas…) donc je suis malgré tout un peu prise au dépourvu mais que je suis heureuse d’enfin en finir! Mon expérience y aura duré 199 jours (soit 4776 heures, je pense qu’il est important de le préciser), ce qui est largement suffisant pour un stage de fin d’études, je dirai même un peu trop long ! Stagiaire, c’est quand-même pas un métier qui a de l’avenir. Il me semble que c’est un peu trop tôt pour faire un bilan sur cette expérience mais je peux quand-même essayer : d’un point de vue « technique », je n’ai pas appris grand chose. C’est peut-être rassurant, finalement, car ça veut dire que j’ai acquis une bonne méthodologie et une bonne pratique à l’Université. J’ai vraiment beaucoup aimé être au cœur d’une association québécoise pour observer les différents modes de fonctionnement, et c’est parfois un choc culturel. Cela m’a permis aussi de m’immerger dans la culture québécoise et les modes de vie québécois puisqu’il n’y a qu’ici que je côtoyais des québécois, et ça a été vraiment très formateur.
Vu que je vois souvent le positif des choses, je ne retiendrai que ça. Parce qu’après tout… stagiaire ici, stagiaire en France c’est la même panade que tout le monde connaît déjà, pour ça, ça ne change pas grand chose !

J-10 : Avant de devoir rendre mon mémoire de recherche. Eh oui, ma responsable de filière ne voulait pas un bête rapport de stage mais une bête hybride mi-mémoire, mi-rapport. Pas facile de faire des recherches, donc, et mon mémoire précédent m’avait pris 6 mois alors que je n’avais pas de travail. Aïe! Malgré tout, j’ai réussi à brosser une approche superficielle de la situation actuelle de l’agriculture au Québec et au Canada, n’ayant pas d’informations sur les circuits courts (sujet qui m’avait été imposé par ma prof – et elle ne sait pas encore que je n’ai pas pu le faire aboutir, tant pis!). Je vais évidemment me fouler, j’en suis déjà à 60 pages de texte brut mais je ne compte pas non plus me fouler la cheville, après 5 ans, les mémoires, on en a marre. Je commence à ressentir un léger ras le bol des études, même si j’adore ça et que dans un an je vais pleurer de ne plus être étudiante.

J-20 : Avant de quitter le Plateau, cet appartement, et de quitter Montréal. Pas pour très loin, certes, puisque nous allons demeurer une poignée de jours à St Hubert, rive Sud. Mais n’empêche que… nous n’allons plus revenir à Montréal, pas avant un bail, en tout cas. Ça fait bizarre de se dire ça mais en même temps nous avons hâte, car cela voudra dire que nous avons fini toutes les tâches universitaires qui nous incombe réciproquement et que l’on pourra respirer un peu. Il faut voir les choses positivement !

J-21 : Avant de prendre l’avion pour retrouver le fuseau horaire GMT-7.  Il y a 10 mois, en parlant avec ma tendre et chère Impératrice L, mon amie, nous en sommes venu à la conclusion de « pourquoi pas retourner dans l’Utah » pour moi et de « punaise c’est un voyage qui me botterait bien » pour elle. Après avoir changé l’itinéraire une bonne dizaine de fois, nous nous sommes tous les 4 entendus sur quelque chose qui nous faisait rêver. J’y reviendrai plus tard mais le voyage est bouclé, les détails ont été réglé, et il ne reste plus qu’à passer au Dollarama pour acheter les accessoires de survie ! Vive le camping, vivent les canyons, vive la cuisine grandiose de mon cousin « par alliance », vive les couchers de soleil, vive la randonnée ! C’est pour bientôt.

J-22 : Avant de réussir à maîtriser mon dernier achat, un grand angle 14mm Samyang. Tout manuel. Vraiment TOUT manuel. Ma première sortie m’a donné envie de pleurer, ma deuxième, cette après-midi, m’a juste donné envie de crier. Mais j’y arriverai, au moins pour faire des photos « génériques » des points de vue classiques. Je ne cherche pas à faire des photos originales, c’est de toute façon presque impossible avec des paysages si rabattus et photographiés mais nous comptons bien tous sortir des sentiers battus (et nous avons déjà de nombreuses pistes) pour trouver des sujets originaux et qui me font plaisir, rien qu’à moi. Mais pour ça, je ressortirai le 50mm…

On sait que toutes ces échéances vont arriver vite, très vite, mais en attendant, notre impatience légendaire prend le dessus sur la raison… Mais ce n’est qu’une question de jours, après tout

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