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Archives de la catégorie ‘Utah’

Récit de voyage #11 : Zion National Park & Rockville

Presque l’impression d’être dans un rêve, comme celui de Genevieve ? Nous voilà encore une fois de retour « chez nous ». Je crois que dès le premier jour on a eu cette impression indélébile. J’avais tellement hâte de faire découvrir cet endroit à nos amies, et d’un autre côté j’avais peur qu’elles ne captent pas la magie des lieux (peut-être que c’était uniquement dans ma tête?) mais finalement, mission accomplie… Elles ont été aussi charmées et soufflées par les lieux que nous l’avions été quelques mois auparavant… Rockville, Utah : the best place to live!

À seulement 5 ou 6 miles de Springdale et de l’entrée du parc, Rockville marque le bout du canyon, une vraie oasis au fond des deux mesas désertiques. Je ne sais même pas si j’ai le courage de décrire les lieux ni mes sentiments à ce sujet mais je crois que mes lecteurs auront bien compris à quel point cet endroit compte pour moi. La suite en plusieurs temps et en images, donc ! 
1. Le Bit & Spur. Je pourrais en parler des heures. Un restaurant aux influences southwest et mexicaines mais qui ne se limite pas pour autant aux classiques. En goûtant mon « juniper lamb » avec une sauce aux champignons et du pain à l’ail, la seule chose que j’ai pu articuler aux propriétaires des lieux était « It’s so good I want to cry », et le pire c’est que c’était vrai ! Si vous passez à Springdale sans aller manger dans cet endroit, c’est un crime.
2. Le Bit & Spur : une raison de plus d’y aller. Le magnifique et immense terrain, les petites fontaines, les biches qui viennent manger le soir pas loin de la terrasse… Les nombreux colibris qui viennent s’abreuver…
3. Zion National Park : de belles randos… Après avoir grimpé le Watchman Trail (ci-dessus) qui offre une vue inédite du parc, plutôt du début du canyon, nous nous attaquons à l’Observation Point, levés à 4h du mat’, je crois. (photos argentiques à venir!). Il faisait froid, il y avait du vent, on avait les yeux à moitié ouverts mais on a eu droit à un beau lever de soleil sur le Temple of Sinawava. Quelques miles et 2000 pieds de dénivelé plus tard, nous arrivons sur une vue que, malgré le vertige qui me fait tourner la tête, je ne suis pas prête d’oublier.
4. Les montagnes de Kolob. Encore une fois, nous avons été pris par le temps et n’avons pas pu randonner, ce qui reste une des grandes déceptions du voyage… Mais la vue qu’il y a tout en haut me coupe encore les jambes, et j’espère enfin pouvoir explorer cette partie Nord du parc de Zion la prochaine fois!


5. Sur la route du Kolob Reservoir. Encore un endroit qu’il faudra retourner visiter. Nous n’avons pas continué sur les 30 miles de la longue route menant au réservoir, encore faute de temps, mais nous avons déjà pu avoir un bel aperçu d’une énième petite route déserte au milieu de nulle part… 
Le lendemain nous devions plier nos bagages… Déjà 5 jours que nous étions à Zion?! Le temps passe vite… La route du retour, au lever du soleil, est encore magnifique. Nous pouvons même apercevoir le magnifique temple mormon de St George, tout blanc au milieu de la plaine. Après des kilomètres et des kilomètres de désert, nous apercevons Las Vegas, plus laide et inutile que jamais. Nous venions à peine de descendre des montagnes et voici la ville grise, entourée d’une espèce de fumée jaunâtre, avec tous ses bâtiments en carton pâte… quelle abomination… Rien de plus déprimant après avoir quitté l’Utah…
Ce récit de voyage s’achève sur cette note bien négative, alors que ça n’a été que du bonheur tout le long… Pour me remonter un peu le moral, j’ai ressorti un guide… La prochaine fois, on atterrira à Salt Lake (et on évitera la ville sus-citée). Rockville, à dans deux ans…

Récit de voyage #10 : Bryce Canyon National Park, le retour


Après cette longue parenthèse à Capitol Reef, nous voici de nouveau sur la route en direction de notre dernière étape. Cette route est d’ailleurs magnifique, entre forêts d’épineux à très haute altitude et fond de canyons étroits… sans oublier la « crête de la mort qui tue » avec une falaise de part et d’autre, et pas de place pour autre chose que la route. Et évidemment, le lieu est battu par les vents. Tout le monde sue. Présentée comme une Scenic Drive, la route 12 c’est plutôt une superscenicdrivequitue. Parait-il que c’est la plus belle route des États-Unis. Je confirme! Mais j’ai toujours ma préférence pour la portion Bryce/Zion…
Quoiqu’il en soit, nous revoilà à Bryce Canyon qui est donc bien placé pour notre escale de la journée et notre pic-nique de la journée (de ma vie, ne m’emmenez plus jamais au Subway, merci, merci – c’était le seul endroit pour manger). Je n’aime guère Bryce Canyon : bruyant, bondé. Même s’il y a, parait-il, les plus beaux « 3 miles » des États-Unis (et c’est vrai, pour l’avoir fait la dernière fois, c’est magnifique, si on aime les balades-autoroutes) mais le parc me laisse quand-même de marbre. La partie Sud a l’air plus sauvage, mais un peu semblable à la north rim du Grand Canyon.

Récit de voyage #9 : Capitol Reef National Park, de jour, mais surtout de nuit

 Nous profitons de la fraicheur pour faire une petite rando (quand-même 6 miles aller-retour) et c’est le Old Wagon Trail sur lequel se pose notre choix! Sur le chemin des miniers qui passaient par là… Nous pouvons enfin admirer le Waterpocket Fold et autres belles formes géologiques que j’essaye de déchiffrer, mais je suis un peu rouillée! Le parc est désert, mais nous ne pouvons malheureusement pas faire la scenic view avec notre grosse Dodge, c’est déconseillé quand on n’a pas 4 roues motrices… Tant pis, ce sera pour la prochaine fois !
La soirée est un peu tumultueuse même s’il fait un temps magnifique : je me fais attaquer par une horde de guêpes, et l’une d’entre elle n’hésite pas à faire un attentat suicide sur mon bras, qui se transforme immédiatement en gros chamallow douloureux. Heureusement, L. sort sa pompe anti-venin comme elle dégainerait un .44 colt et les dommages ne sont que modérés. Pendant ce temps là, une jolie ranger nous invite à sa conférence sous les étoiles du camping de Fruita, plus tard dans la nuit. Le thème principal est la pollution lumineuse, comment y remédier, comment observer les étoiles… 
Elle nous annonce que Capitol Reef est suffisamment éloigné de tous les centres urbains, ce qui nous permet d’avoir une qualité optimale de « ciel » la nuit, un noir absolu, ce qui devient de plus en plus rare. C’est d’ailleurs un des derniers endroits « purs » d’Amérique du Nord. Pendant sa conférence, nous pouvons observer des étoiles filantes, et surtout, la voie lactée, immense, magnifique. C’était la première fois que je voyais le ciel comme ça de ma vie et je pense que ça reste mon meilleur souvenir de voyage. Je reste tout simplement sans mots pour décrire cette beauté.

Récit de voyage #8 : Capitol Reef National Park, les mormons

J’ai souvent remarqué que mes interlocuteurs français confondaient presque tout le temps les populations amishes et mormones. Une fois que les bases sont établies, il y a toujours cette moquerie persistante envers l’Église de Jésus Christ des Saints du Dernier Jour (nom officiel), souvent considérée comme une secte en France, mais qui commence à être réhabilitée comme religion. L’autre chose dont on me parle immédiatement : c’est la polygamie (appelée « mariage plural » pour être politiquement correct). Effectivement, la polygamie est une des bases importantes de la religion mormone, mais ce n’est cependant pas uniquement comme ça qu’elle se définit, et ce n’est pas non plus son fondement. Je ne vais pas faire un cours d’histoire mormone, car je suis loin d’être qualifiée à ce sujet, mais je conseille à tous de voir l’épisode de South Park, « Tout sur les mormons » (« All about mormons ») qui présente de façon grinçante et vraiment drôle la religion mormone. (dumb dumb dumb…). Big Love, série d’HBO, même si elle ne présente qu’un aspect de la religion, la polygamie, dresse un portrait vraiment émouvant, même si romancé, d’une famille mormone et polygame ainsi que d’une communauté fermée, les « compounds ». Bref, je ne rentre de toute façon pas dans la polémique, la religion mormone en vaut bien une autre, et n’est pas plus ni moins « tolérante » (beurk, quel mot affreux) que n’importe quelle autre.

Ce long paragraphe introductif me permet de présenter l’exil mormon vers l’Ouest : après l’assassinat du prophète Joseph Smith, les communautés mormones jugent la vie trop difficile et périlleuse dans l’est (Illinois, Missouri, par exemple) et se lancent dans un grand exil vers des terres hostiles, vierges et inconnues. Après avoir établi la plus grande communauté mormone près du grand lac salé, certaines familles décident de continuer encore leur chemin et se retrouvent dans le sud de l’Utah, à la fin des années 1870.

Une petite famille de pionniers s’installe à Junction, devenue Fruita, là où les premières nations Fremont s’étaient installées des milliers d’années auparavant. Ils ont restauré les systèmes d’irrigation primitifs près de la Fremont River et ont planté des centaines d’arbres fruitiers. Encore aujourd’hui, les vergers comportent 2 500 pommiers, poiriers, pêchers… entretenus par toute l’équipe du National Park.

A n’importe quel moment de l’année, le visiteur peut aller cueillir lui-même ses fruits, en fonction de ce qu’il y a sur les arbres ! C’est très agréable de déambuler dans un verger désert, avec pour seule compagnie les mule deer et les vers de pommes… (bin oui, c’est qu’ils sont bios, ces fruits!). On se sent isolés, même en arrivant près du logement des rangers (4 ou 5 petites maisons accompagnées d’un petit terrain de jeu et d’un jardin potager). J’ai mis longtemps à mettre un mot dessus, mais j’avais l’impression d’être dans le village du projet Dharma de Lost! C’est un endroit vraiment magique. 

Au début du 19ème siècle, la vallée de Fruita était surnommée « Le Jardin d’Eden » et l’on comprend vraiment pourquoi dès qu’on y met le pied… Les mormons avaient enfin trouvé leur terre promise. De cette époque ne reste que la Gifford’s House, une maison restaurée, accompagnée de sa grange (aujourd’hui occupée par un couple de chevaux à la retraite), la maison du ferrailleur ainsi que la petite école. Il faut noter que l’éducation était quelque chose de primordial pour les mormons : c’était presque le premier bâtiment construit dans une nouvelle colonie.

La Gifford’s House propose un petit coin boutique très sympa, qui fournit, entre autres, de délicieuses « pies » et « scones »… Mais il faut se lever à l’aube pour avoir sa part!
Encore une fois, j’admire le sens du détail et la reconstitution historique : rien n’est laissé au hasard et je n’ai pu noter aucune erreur, les historiens du parc ont réussi à allier le moderne à l’histoire et à faire quelque chose de vraiment authentique.

Le camping de Fruita est tout au bout de la vallée, juste à côté de la Gifford’s House et borde la Fremont River. Il n’y a qu’une petite cinquantaine d’emplacements qui sont pris d’assaut puisque le camping ne prend pas de réservations. Il y a une chose à savoir, cependant : c’est le seul logement possible à l’intérieur du parc, donc nous ne risquions pas de rencontrer d’autres personnes se balader dans le parc que les 50 présentes en même temps que nous ! Un bonheur… Surtout après le contraste avec Arches !
Nos petites tentes montées, nous pouvions nous poser un peu pour entendre le doux bruit de la rivière, les hennissements des chevaux et les petites biches courir dans les emplacements (j’en ai même surprise une la nuit, en train de brouter… sous la tente de L. et A. !)

Fruita, un coin de paradis…

Récit de voyage #7 : Capitol Reef National Park, les premières nations

Si jamais il y a un lecteur perdu par hasard ici et qui doit planifier un voyage, je préfère le dire très haut : il n’y a PAS de pompe à essence entre la ville de Green River et celle de Fruita. Il faut donc faire le plein, ce que nous n’avions pas fait… immédiatement. Cependant, c’est avec le réservoir bien plein que nous nous engageons sur la longue et belle route descendant vers le sud et le parc de Capitol Reef, bien méconnu du grand public. Ce qui nous arrange. N’empêche que… ils ne savent pas ce qu’ils ratent. Capitol Reef est extrêmement isolé, sans être forcément difficile d’accès, il n’y a pas de ville alentour. La plus proche est Torrey, à une quinzaine de kilomètres à l’ouest, mais n’a rien d’autre à proposer qu’une ou deux stations services, une petite épicerie où l’on trouve de tout mais à un prix qui fait exploser la tête, et un petit bureau de poste. C’est déjà pas mal pour un petit village de 100 habitants, où l’on voit quand-même la légère empreinte du tourisme, avec un ou deux motels en bord de route. Comme toutes les petites villes de la région, c’est bien-sûr un village créé par des pionniers mormons, qui ne manque à mon avis pas de charme.

Même si l’on passe non loin du Anazasi State Park, que j’aurais vraiment aimé avoir le temps de visiter, Fruita est plutôt un des anciens lieux de vie de la population Fremont, très influente et dispersée dans tout le sud de l’Utah, jusqu’aux frontières actuelles du Colorado, de l’Idaho et du Nevada. Les Fremont sont beaucoup moins étudiés que les Anasazi, et on ne sait d’ailleurs toujours pas avec certitude pourquoi quelques Fremont ont quitté leurs lieux de population « classiques » pour venir s’isoler dans le canyon de Capitol Reef : les conditions de vie y sont difficiles et l’hiver très rigoureux… Les archéologues énoncent cependant quelques hypothèses : ils ont voulu s’isoler pour être indépendants et fuir les pressions des autres tribus, par exemple… En attendant, les Fremont laissent un témoignage très riche dans la vallée, avec de nombreux pétroglyphes vraiment bien visibles, malgré quelques effondrements. On ne connait pas encore la signification de ce que l’on appelle le « rock art », terme de plus en plus remis en cause car l’on ne sait même pas si ces gravures avaient une fonction artistique ou utilitaire, mais ce n’est pas grave, avoir le privilège d’admirer un si beau témoignage d’une population disparue, d’une époque si lointaine, ça a quelque chose de magique, et personnellement, ça m’a fait tourner la tête…

Récit de voyage #6 : Arches National Park

Arches National Park est sans doute le plus visité et le plus fameux de tout l’État. Delicate Arch, son arche emblématique se retrouve même sur les plaques minéralogiques des Utah-iens.  Le parc est immense et nous avons un bel aperçu en arrivant sur place au coucher du soleil, dans la section de Park Avenue et du La Sal Mountain viewpoint. On a l’impression d’être au milieu d’un jardin d’arches rougeoyantes au soleil…

La première impression du parc est concluante : les paysages sont spectaculaires, le parc est immense et j’avoue que ça me fait plaisir de retrouver les endroits si longuement décrits par Edward Abbey… Seulement, le problème c’est que je retrouve aussi toutes les sensations décrites par Abbey : TROP DE TOURISTES!!! Lui-même est un vrai misanthrope, il déteste les gens, n’aspirait qu’à être dans sa cabane au milieu du désert et être, éventuellement, dérangé par les rattlesnakes. C’est un peu l’extrême… N’empêche qu’il n’a pas tort : peut-être que le parc a été trop aménagé, laissant moins de place pour les endroits sauvages ? Ou alors peut-être que justement les aménagements sont trop peu nombreux et que les touristes se massent ? En tout cas je pense qu’il faut découvrir le parc avec un permis de backcountry, sinon, il ne présente, pour moi, qu’un intérêt limité.
Nous rentrons retrouver notre petit motel à Moab, grande bourgade touristique s’articulant autour de la rue principale. Où plutôt, Moab, c’est la rue principale. Même si le village me parait moins authentique que certains autres du coin, l’ambiance y est plutôt agréable et détendue et on se rend rapidement compte que l’activité principale de la région, c’est le VTT! Enfin des choses ultra-sportives. Pas pour moi, quoi.
Après avoir failli faire exploser le motel (Ben a eu l’excellente idée de tripoter la bonbonne de butane, qui s’est finalement vidée), nous partons pour une balade dans le coin de Devil’s Garden, le point le plus au nord du parc. Nous essayons de commencer le chemin, très facile, assez tôt pour éviter les hordes de touristes (ce que nous n’arrivons qu’à moitié) pour prendre la petite portion du trailhead qui nous mène à la Landscape Arch, si je ne me trompe pas. Le sentier est vraiment très agréable et chemine au milieu d’une petite vallée arborée (le seul endroit pas désertique du parc) et on a vraiment la sensation de se trouver au milieu d’un jardin « secret », reculé, même si nous sommes loin d’être seuls. A faire ! Si on avait eu le temps, il aurait vraiment été agréable de faire le « loop » entier…
De retour dans la partie sud du parc, L. et A. voulaient absolument (ce que je comprends!) voir de près ou de loin la Delicate Arch. Sauf que sur le chemin, nous croisons des dizaines de bus bondés… Hmmm il serait peut-être judicieux de ne pas s’engager dans le sentier menant sous l’arche mais plutôt de l’observer de loin. Et je pense que même si elle était difficile à distinguer de là où nous étions,  nous avons fait le bon choix! Nous pouvions voir des dizaines et des dizaines de personnes se masser sous l’arche. Je pense que ça doit vraiment être spectaculaire d’aller la voir de près, mais alors sûrement pas en journée, et encore moins au coucher du soleil. Quand, alors? A minuit? 
La dernière escale de l' »auto-tour » sera à la Double Arch, majestueuse et géomorphologiquement intéressante (même si, malheureusement, j’ai arrêté la géomorphologie depuis longtemps : j’ai trouvé cet équilibre remarquable !). Nous avons du mal à trouver une place pour se garer… Je sais bien que nous sommes en plein dans la semaine du Labor Day mais les touristes américains ne sont de toute façon pas les plus nombreux.

Je suis contente et presque soulagée de quitter Arches. C’est sans doute une étape emblématique à ne pas louper. En ce qui me concerne, je n’en suis pas si sûre, je ne pense pas que ça soit une priorité… Je ne pense pas y retourner un jour, sauf en hiver, peut-être… en passant par le Canyonland National Park, que l’on dit seule zone encore sauvage du grand ouest, et que nous avions mis de côté cette fois-ci : nous n’étions pas équipés!

Récit de voyage #5 : Sur la route, Gooseneck State Park & Natural Bridges National Monument

Voilà les choses sérieuses qui commencent enfin ! Je ne sais pas trop pourquoi je dis ça, remarque… Si, on remonte enfin dans la montagne après avoir stagné dans le désert d’Arizona, et il n’y a rien qui peut me réjouir plus.
Près de la ville de Mexican Hat (qui porte bien son nom, d’après le monolithe que l’on peut repérer de loin) se trouve un point de vue qui, d’après le Routard « vaut le détour si vous passez dans le coin » (ahah!) et offre un « paysage noir et dénudé » (ahah bis). Étant donné que c’est sur le chemin, on n’allait pas se priver !

Nous voilà donc dans un petit State Park gratuit qui propose une vue sur 5 méandres de la boueuse San Juan River. Un paysage absolument époustouflant, et qui, à mon avis, vaut mille fois le point de vue pourri de Horseshoe Bend. Nous sommes une petite dizaine sur le parking pour admirer le paysage : c’est le silence absolu. On n’entend que le vol des abeilles et des hirondelles. Il fait évidemment très chaud mais le vent frais commence à revenir en altitude. Je vous laisse admirer… mais étant une trouillarde indécrottable, je ne me suis pas rapprochée assez du bord pour que vous puissiez voir l’intégralité des méandres !

Nous devions rejoindre Moab dans la soirée. Il était prévu qu’entre Gooseneck et notre prochaine destination, nous prenions un super raccourci (qui nous faisait tout simplement une coupure de 200 miles!). Ce que nous n’avions pas regardé c’est que sur ma carte… elle était en pointillé. Innocents, insouciants, nous arrivons vers un panneau routier présentant le scénario catastrophe d’une voiture qui tombe misérablement au fond d’un ravin. Ensuite, nous croisons le panneau « bump ». Hmmm… Et pour finir, le panneau de limitation de vitesse à 5 miles. Hmmm… Je vous laisse voir la suite si le cœur vous en dit !
http://vimeo.com/14499346
C’étaient sans doute les 3 miles les plus longs de notre vie, et pourtant, la route était finalement belle, assez large pour laisser passer deux petites voitures, mais les tournants, avec le vide en face, étaient… un peu déconcertants.
Suants mais vivants, nous arrivons au sommet et partons en direction d’un autre parc complètement méconnu et un peu à l’écart des grandes routes touristiques : le Natural Bridges National Monument. (que nous ne payons pas non plus grâce au pass des national parks.)

Ce parc a la particularité de présenter certains des plus grands ponts naturels du monde (ce qui n’est pas la même chose qu’une arche, l’érosion se fait par le bas pour un pont, et par le haut pour une arche). Nous décidons de descendre au Sipapu Bridge pour une rando de 2 miles, mais avec beaucoup de dénivelé… Le chemin est agrémenté d’escaliers et d’échelles en bois et encore une fois on entend… le silence complet. Un vrai bonheur, même si la montée est un peu rude pour les genoux ! Je reste un peu à l’écart du groupe pour rester admirer le pont d’en haut et écouter le bruit du vent qui y passe…

Récit de voyage #4 : Monument Valley

Prochaine escale : Goulding, petit village juste créé à proximité du Tribal Park de Monument Valley, où nous arrivons en fin de journée. En passant par Kayenta, la ville la plus grande du coin, nous avons une sensation tout à fait nouvelle : nous nous sommes sentis blancs. Oui, tout blancs, en territoire navajo. Kayenta n’est peuplée que de navajos et on avait pas l’air fins avec nos birkenstocks et notre beau teint. Sans être pauvre, la ville n’est pas non plus extrêmement prospère. C’est une sensation très étrange de se sentir comme « les étrangers », pour une fois. A Kayenta, j’ai aimé ce mélange de deux cultures : la plupart des hommes ont toujours les cheveux tressés et d’un autre côté, comme tout bon américain rural, ils conduisent le pick up GM. J’avais toujours imaginé les réserves indiennes comme un endroit clos, et ce n’est pas du tout le cas pour le territoire navajo, qui est d’ailleurs très étendu. On y entre, on en sort, sans s’en rendre compte. Monument Valley n’a jamais été mon rêve, plutôt celui d’A. qui est partie à l’aube le lendemain matin pour profiter du beau lever de soleil au milieu du désert.  Vous l’aurez compris, je suis toujours frustrée par les endroits où l’on ne doit pas faire l’effort d’explorer, donc oui, c’était beau, surtout au coucher du soleil, mais voilà. Trop radins (l’entrée est assez chère) et trop fatigués, on a préféré faire la grasse matinée…

Récit de voyage #1 : Enfin de retour dans l’Utah


Alors que je suis presque dans l’avion pour retourner en France, ce petit article ouvre le bal de ce petit récit de voyage que je vais vous offrir. Deux magnifiques semaines, principalement en Utah, nous on enfin permis de décompresser un peu et de savourer tranquillement les derniers jours d’été. Au menu : camping, rando, photographie, bons restos… Je ne demande rien de plus! Au moment où j’écris, cela ne fait que quatre jours que nous avons quitté Rockville et j’ai déjà le mal du pays, et cette envie de plus en plus vive d’y retourner quelques temps. Mais chaque chose en son temps…
Notre première étape était donc évidemment Rockville, où nous y avons attendu nos compagnons de route pendant 2 petits jours. L’arrivée à Vegas m’a laissé encore une fois une impression déplorable : Dieu que cette ville est sans charme ! Mais j’irai encore plus loin, elle est surtout incroyablement laide, inutile, gaspilleuse, bref, une verrue au milieu du désert du Nevada. C’est malheureusement l’aéroport le plus accessible de St George (UT) donc nous n’avons pas bien le choix…

Nous passons les quelques jours avec la famille et en redécouvrant encore le parc national de Zion, qui est encore plus grandiose que lorsque nous l’avions laissé il y a deux étés. L’avantage de partir début septembre, c’est que c’est vraiment la saison creuse… Nous étions presque tous seuls pour les balades de Weeping Rock mais malheureusement, le Riverside Walk n’est vraiment pas une bonne idée en milieu d’après-midi! Etant la rando la plus facile du parc et accessible aux fauteuils roulants, elle est effectivement bondée à certains moments de la journée. En revanche, elle reste charmante : entendre le clapotis de la Virgin River, voir les biches se balader tranquillement (quand des touristes ne viennent pas leur mettre des flashs dans la gueule)… bref, ça reste toujours aussi attrayant !

L’appel du Grand Ouest

Il est enfin temps de faire un petit topo sur notre futur beau voyage, qui aura lieu au début du mois de septembre. Nous sommes déjà allés dans le coin durant l’été 2008 et comme beaucoup le savent, nous sommes tombés définitivement amoureux de l’Utah, cela est en majeure partie du à notre famille là bas, nous avions l’impression de trouver un second foyer, et, étonnamment, d’avoir été là bas depuis toujours. Je n’avais jamais expérimenté ce sentiment, et je ne l’ai même pas pour Montréal. On a deux maisons : Lyon et Rockville, à tel point que même moi, la pure citadine, me voit bien vivre là bas pour quelques mois ou années. Cette douceur de vie (mais rude, quand on vit là bas à temps plein, il ne faut pas se leurrer, la vie dans une campagne isolée, même touristique, ce n’est pas quelque chose de facile.) nous a en tout cas marquée, à tel point que nous allons y retourner dans quelques mois, accompagnés de deux charmantes demoiselles qui traversent l’Atlantique à ce dessein.
Nous nous sommes subitement réveillés début février, en nous rendant compte que même en partant hors-saison, tout était déjà réservé ! Heureusement, presque toutes nos réservations sont à présent faites… pour un budget d’environ 150 euros par personne, autant vous dire que c’est plutôt tendu, mais nous sommes parvenus, je pense, à nous concocter un voyage « à l’aventure », dans les beaux campings sans douches du sud-Utah, mais finalement ce n’est pas pour me déplaire. A nous les beaux levers de soleil (à 6h du mat’), les mignons animaux sauvages autour de notre campground, les dégueulasses animaux sauvages dans notre tente… (je n’ai pas vraiment prévenu nos deux voyageuses, mais le sud-Utah est la région du serpent à sonnette, une espèce mortelle, qui ne sort cependant de son trou que lorsqu’on l’embête ou que l’on est imprudents.)

Bref, voilà donc un petit aperçu de notre voyage de deux petites semaines. Nous avons tenté d’éviter tous les coins ultra-touristiques. Il était par exemple hors de question pour moi d’aller dans le Grand Canyon, mais nous avons finalement trouvé un compromis : la North Rim de ce National Park n’accueille que 10% du nombre total de visiteurs, autant vous dire que même si ça ne va pas être désert, ça va être beaucoup plus sauvage, sans cars à touristes, sans Mc Do… (je crois qu’il faut au moins 3h pour se rendre à ce point, depuis l’entrée du parc, ce qui peut en rebuter certains et tant mieux!)
Nous ne faisons pas non plus un roadtrip « roots », loin des sentiers battus, c’est presque impossible dans le coin, et étant donné que nos deux petites brunes accompagnatrices ne sont jamais allées dans l’Ouest, il faut quand-même voir les classiques! C’est par exemple le cas avec Monument Valley, que les filles ont réussi à marchander à la place du Lac Powell, désastre écologique que je refuse de voir de mes propres yeux. Idem pour Las Vegas, ville que nous détestons, et où elles vont pourtant flamber avec George Clooney la veille de notre arrivée!

En résumé, (parce que j’ai tendance à m’égarer), nous atterrissons à Vegas, seul aéroport proche, pour filer vers la North Rim du Grand Canyon, puis en passant à Monument Valley, puis en s’arrêtant à Arches NP (en n’oubliant pas sur le chemin d’aller voir des curiosités dans certains States Parks, comme le Horse Shoe Bend ou les Waves, par exemple). Ensuite, nous faisons escale au Capitol Reef NP, méconnu des voyageurs de l’Ouest, et pour lequel j’ai eu un énorme coup de cœur sur le papier. Je n’ai pas mis longtemps pour convaincre mes co-voyageurs mais le village de Fruita, à l’entrée du parc, est l’un des premiers villages mormons, où il reste encore quelques vestiges. Le parc en lui-même est une curiosité géologique, placé au beau milieu d’une faille, et malgré la chaleur qui s’annonce là bas, j’ai vraiment hâte de l’explorer. Ensuite, nous passons quelques heures à Bryce Canyon NP, que nous avions aimé « sans plus », juste le temps de faire une petite balade (il y en a beaucoup de sympas, mais le Parc est l’un des plus connus, il est toujours bondé, et c’est d’ailleurs un des seuls avec le Grand Canyon que l’on peut découvrir surtout avec des points de vue, ce que nous ferons donc!). Le voyage se finit pour 4 ou 5 jours à Zion, où nous prendrons racine. J’espère qu’elles aimeront autant ce parc que nous l’avons aimé, mais à vrai dire je suis plutôt confiante.
En tous cas, comme d’habitude nous aimons prendre notre temps, et privilégier la qualité plutôt que la quantité! Nous ne voulons pas tout voir, mais nous poser pour vraiment sentir l’ambiance de cette région là.
J’ai tellement hâte de retourner au pays des mormons, étant de plus en plus passionnée par l’Histoire mormone (je vous avouerai que je ne sais pas non plus pourquoi), dans ce pays de canyons et de montagnes… Il ne nous reste plus qu’à avoir la confirmation de notre compagnie aérienne (mais je suis assez pessimiste, notre carte Visa ne passant apparemment pas pour des raisons obscures) et c’est bon, tout est organisé, on s’envole bientôt! Enfin… dans 6 mois.

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